1761 : un poète s’alarme de l’esprit révolutionnaire

JCJMétastase, ce poète que les Italiens ont surnommé leur Racine, ne se laisse intimider ni par les menaces ni par les flatteries, et il fait en ces termes la peinture de son temps :

« Je vois avec une extrême douleur, écrit-il à son frère en 1761, se répandre de toutes parts en Europe un esprit de cabale et de rébellion. De faux philosophes veulent affranchir les hommes du joug de la religion et de toute dépendance à l’autorité. Ils s’efforcent de détruire les principes qui sont la base indispensable de la société. Si la Providence permettait, pour nous punir, le triomphe de leurs systèmes anarchiques, je voudrais voir comment ils se trouveront au milieu du bouleversement qu’ils appellent de leurs vœux. Ce qu’ils nous donnent, au reste, pour de nouvelles découvertes, est très suranné. Mais autrefois ces pernicieuses doctrines ne pouvaient nuire qu’à quelques littérateurs dépravés ; aujourd’hui, grâce à une foule d’opuscules licencieux, elles sont devenues l’entretien habituel, la science à la mode, et le code de morale des jeunes élégants et des femmes beaux-esprits. O pauvre humanité! »

Cette école de démoralisation, dont Métastase indique la marche et les progrès, voulut avoir une bonne fois raison de tous les principes et de tous les souvenirs. Le temps n’était pas encore venu de se prendre corps à corps avec la société civile. On avait besoin du concours de ses chefs afin d’arriver au but proposé. On établit autour d’eux des sentinelles et des flatteurs, puis on dirigea contre le Christianisme toutes les forces vives
d’un siècle si fécond en turbulences intellectuelles.

(Source : l’Eglise en face de la révolution – J. Crétineau-Joly).

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