Le protestantisme, temple du libre-examen

libre examenAussi les Protestants ont si bien compris le vice de leur théorie qu’ils ont tenu des synodes, créé des consistoires, dressé des formulaires de foi, établi des autorités religieuses, mis des pasteurs à la place des curés, des surintendants à la place des évêques, des rois-papes, et des reines-papesses à la place du Souverain-Pontife. Toute la hiérarchie catholique a été copiée par le Protestantisme, et les institutions qui expriment, parmi nous, la foi, sont, parmi eux, appelées également à la promulguer.

Chose remarquable, dans le temple du libre examen, où chacun devrait d’abord examiner, je ne vois qu’une chaire, le siège d’un maître qui parle à des fidèles, qui leur explique ou leur prouve la vérité, absolument comme le curé catholique. Là, où l’on promulgue la liberté de penser, on commence par lui imposer une chaire. Se peut-il une plus flagrante contradiction ? Et ces prédicants qui crient sans cesse : « La Bible, toute la Bible, rien que la Bible. » Ils enseignent mille choses qui ne sont point dans la Bible. Mais les inconséquences même ne les sauvent pas et ils ne s’entendent pas plus entre eux qu’à Babel. — Un peintre, pour rendre cette vérité plus sensible, avait représenté, dans un tableau, l’Eucharistie. Au milieu, Jésus dit : « Ceci est mon corps ; » à droite, Luther dit : « Ceci est avec mon corps ; » à gauche, Calvin dit : « Ceci est la figure de mon corps. » L’artiste avait écrit en haut : « Choisissez ! » Pour moi, mon choix est tout fait. J’envoie au diable Calvin et Luther ; je reçois l’Écriture sainte et la Tradition, mais interprétées par l’Eglise ; et je reste avec Jésus-Christ.

Source : Histoire générale de l’Eglise, Abbé Darras, Tome 33, p.451-452.

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