Les protestants peints par eux-mêmes – Protestantisme, vraie ou fausse religion ? – Partie 4

libre examenLuther

« La bibliothèque du couvent dominicain de Sainte-Marie-sur-Minerve, à Rome, possède, parmi de nombreux et précieux manuscrits, une curieuse lettre de Luther adressée à sa vieille mère. La pauvre femme, qui ne voulait pas accuser son fils et qui redoutait de se voir séparée de lui pour l’éternité, lui ayant demandé, « si elle devait changer de religion et adopter ses opinions nouvelles », l’orgueilleux saxon ne consentit pas à entraîner dans son naufrage celle qui l’aimait tant, et il lui répondit: « Non; restez catholique; car je ne veux ni tromper ni trahir ma mère. » (1)

« Mais alors, dit Luther, niez aussi la Bible, car c’est du Pape que nous la tenons. Nous sommes bien obligés d’avouer, tout protestants que nous sommes, que dans le papisme il est des vérités de salut, oui, toutes les vérités du salut, et que c’est de lui que nous les tenons, car c’est dans le papisme que nous trouvons la vraie Écriture sainte, le vrai baptême, le vrai Sacrement de l’autel, les vraies clefs qui remettent les péchés, la vraie prédication, le vrai catéchisme, les vrais articles de foi. J’ajoute, en outre, que dans le papisme se trouve le vrai christianisme. » (2)

« Un soir, Luther étant dans le jardin avec Catherine Borz, des témoins ont rapporté leur dialogue :
– Regarde, que c’est beau le ciel, comme les étoiles brillent, murmure Catherine.
– Oui. Mais elles ne brillent pas pour nous.
– Et pourquoi ?
– (un silence) Nous avons quitté notre couvent.
– Mais alors, il faut retourner à nos vœux ?
– Il est trop tard. Le chariot est trop embourbé. » (3)

Mélanchton

« La mère de Mélanchton, un des plus fameux disciples de Luther, avait été entraînée par son fils, et l’avait suivi dans la prétendue réforme luthérienne. Sur le point de mourir, elle fit appeler le réformateur, et, dans ce moment suprême, elle l’interrogea solennellement: « Mon fils, lui dit-elle, c’est par votre conseil que j’ai abandonné l’Église catholique pour embrasser la religion nouvelle. Je vais paraître devant Dieu, et je vous adjure, par le Dieu vivant, de me dire, sans rien me cacher, dans quelle foi je dois mourir. » Mélanchton baissa la tête et garda un moment de silence; l’amour du fils luttait en son cœur contre l’orgueil du sectaire. « Ma mère, répondit-il enfin, la doctrine protestante est plus facile, la doctrine catholique est plus sûre ! » (4)

Henri IV

« Le roi, dit l’historien Péréfixe (5), voyant qu’un des ministres n’osait pas nier qu’on pût se sauver dans la religion catholique, Sa Majesté prit la parole et dit: « Quoi! vous tombez d’accord qu’on puisse se sauver dans l’Église romaine? » Le ministre répondit « qu’il n’en doutait pas, pourvu qu’on vécût bien. » – « Et vous, Messieurs, dit le roi aux docteurs catholiques, pensez-vous que je puisse faire mon salut en restant protestant? » – « Nous pensons, Sire, et nous vous déclarons qu’ayant connu l’Église véritable, vous êtes obligé d’y entrer, et qu’il n’y a pas de salut pour votre âme dans le protestantisme. »
Sur quoi le roi repartit fort judicieusement, en se tournant vers les ministres: « La prudence veut donc que je sois de la religion des catholiques, et non point de la vôtre; parce qu’étant de la leur, je me sauve selon eux et selon vous, et étant de la vôtre, je me sauve bien selon vous, mais non selon eux: or, la prudence demande que je suive le plus assuré. » Et il abjura son erreur. » (6)

Latimer

« Il n’y a de remède à ces maux [Ndlr : du vice chez les anglais] que dans le rétablissement de l’ancienne discipline du Christ et du pouvoir d’excommunier. » (7)

(1) Mgr de Ségur Causeries sur le protestantisme d’aujourd’hui, Librairie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894
(2) Martin Luther, Oeuvres, édition protestante d’Iéna, p. 408-409.
(3) Histoire générale de l’Eglise, Abbé Darras, Tome 33.
(4) Audin, Vie de Luther, t. III, p. 288.
(5) Pérefixe, Histoire de Henri IV, p. 200
(6) Mgr de Ségur Causeries sur le protestantisme d’aujourd’hui, Librairie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894
(7) Histoire générale de l’Eglise, Abbé Darras, Tome 34; p.385.

Publicités