En 1882, le Père O’Reilly explique qu’une longue période de vacance de l’office pontifical est possible.

sede vacante

« Le grand Schisme d’Occident me suggère une réflexion que je me permets de formuler ici.
Si ce schisme ne s’était pas produit, l’hypothèse d’une telle chose semblerait chimérique [absurde] à beaucoup. Ils diraient que cela ne peut être, que Dieu ne permettrait pas à l’Église de se trouver dans une aussi funeste situation. Des hérésies surgiraient et se répandraient, qui auraient une longue et pénible durée, par la faute et pour la perdition de leurs auteurs et tenants, ainsi que pour la grande détresse des fidèles, accrue par les véritables persécutions sévissant dans les nombreux endroits où les hérétiques domineraient.
Selon ces sceptiques, il serait impossible que l’Église véritable reste entre trente et quarante ans sans Tête, sans représentant du Christ sur terre qui soit d’authenticité absolument certaine. Or, c’est bel et bien arrivé ; et nous n’avons aucune garantie que cela n’arrivera pas à nouveau, bien qu’il faille espérer ardemment le contraire. Ce que j’en déduis, c’est que nous ne devons pas être trop enclins à nous prononcer sur ce que Dieu peut permettre ou non. Nous savons avec une totale certitude qu’Il accomplira Ses promesses […] On peut considérer comme probable – avec une joyeuse confiance – que l’avenir sera exempt de certains des ennuis et infortunes ayant affligé le passé.
Mais nous-mêmes ou nos successeurs des futures générations de chrétiens assisterons peut-être à des maux inconnus jusqu’à présent, même avant l’approche imminente de la grande liquidation de toutes choses sur terre qui précédera le jour du Jugement. Je ne veux pas me poser en prophète, pas plus que je ne prétends entrevoir de funestes prodiges dont je n’ai pas la moindre connaissance préalable.
Tout ce que je veux dire, c’est que les contingences relatives à l’Église qui ne sont pas exclues par les promesses divines ne sauraient être considérées comme impossibles dans les faits pour la seule raison qu’elles seraient terribles et douloureuses au dernier degré.»

Père O’Reilly, 1882, The Relations of the Church to Society – Theological Essays, p. 287

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