Code abrégé de vie chrétienne – Cardinal J-D Mercier

220px-File-CapoletteraIAmintaCODE ABREGE DE VIE CHRETIENNE PAR  S. E. LE CARDINAL MERCIER, ARCHEVÊQUE DE MALINES.

Voir les notes pour le lecteur contemporain (ajoutées par notre site) en fin d’article !

La chose la plus importante de toutes pour chacun de nous, c’est que nous sauvions notre âme. Nous voudrions bien ne jamais mourir, mais nous mourrons. Nous mourrons, et nul ne peut nous dire si ce sera dans dix ans ou dans vingt ans, ou si ce sera demain ou même aujourd’hui. La seule chose certaine et dont personne de nous ne doute, c’est qu’un jour viendra où chacun de nous passera du temps à l’éternité.

Qu’adviendra-t-il alors de nous ? Serons-nous éternellement heureux ou serons-nous éternellement malheureux ?

Devant cette question, toutes les autres préoccupations pâlissent ou s’effacent. La réponse dépend de nous. Notre avenir éternel est entre nos mains.

Jésus-Christ nous en a prévenus : « L’heure sonnera où la voix du Fils de Dieu réveillera tous ceux qui dorment dans nos champs de sépulture. Et les morts se lèveront. Ceux qui auront bien vécu, ressusciteront pour une vie glorieuse, mais ceux qui auront mal vécu, ressusciteront pour leur éternel châtiment. » Jn. V, 28-29.

C’est donc bien le moins que nous nous demandions les vérités à connaître sur notre destin éternel ; ce que nous avons à faire pour sauver notre âme et quels sont nos moyens de salut.

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Que devons nous faire pour nous sauver ?

Nous devons croire toutes les vérités qu’il a plu à Dieu de nous révéler, c’est-à-dire qu’Il a fait connaître au monde par le double moyen de l’Écriture Sainte et de la Tradition, et qu’Il a chargé l’Église catholique romaine de proposer à notre foi.

 L’Écriture Sainte exprime la parole de Dieu, telle qu’elle a été inspirée par le Saint-Esprit aux auteurs des Livres Saints. Ces livres, selon qu’ils datent d’avant ou d’après Jésus-Christ, s’appellent les Écritures de l’Ancien ou du Nouveau Testament.

Outre les divines Écritures, la Révélation comprend la Tradition. Ce mot signifie transmission, parole transmise. La Tradition est la partie de la parole de Dieu qui, enseignée d’abord de vive voix par Notre Seigneur Jésus-Christ et par ses Apôtres, est transmise ensuite, dans le sein de l’Église catholique, aux générations chrétiennes qui se succéderont jusqu’à la fin des siècles.

Il n’appartient pas aux simples fidèles de décider individuellement ou collectivement quelles sont les vérités révélées par Dieu et quel est le sens de la parole divine : comme nous le voyons dans le protestantisme, une telle situation engendre l’anarchie la plus complète en matière de religion.

Jésus-Christ a voulu, par une providence particulière, veiller à la conservation et à l’interprétation du dépôt de la foi tel que renferment l’Écriture Sainte et la Tradition, et à cet effet, Il a institué une société publique, l’Église, investie de la mission de garder et d’enseigner sans erreur la parole révélée. Les évêques, successeurs des Apôtres, ayant à leur tête le Pape, successeur de Pierre, le Prince des Apôtres, forment le corps enseignant de cette société ; et les fidèles, incorporés à l’Église par le baptême, doivent reconnaître l’autorité de cette hiérarchie comme ils reconnaissent l’autorité du Christ Lui-même ( « qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé… » )

Grâce à cette Providence particulière que Dieu promit à son Église, la doctrine révélée est une, la même partout, depuis les temps apostoliques, elle est le fondement de la sainteté dans la société chrétienne.

Parcourez le monde, et à l’unité de l’Église romaine, à sa catholicité, à son apostolicité, à sa sainteté, nous reconnaîtrons, aujourd’hui comme toujours, que c’est elle qui est la véritable Église fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ, et nous ne pourrons de bonne foi la confondre avec les innombrables sectes que l’hérésie et le schisme ont séparées du tronc primitif de la société chrétienne.

Seule l’existence vingt fois séculaire de l’Église, malgré les persécutions sanglantes ou astucieuses qu’elle a subies, malgré les hérésies et les schismes qui l’ont déchirée, malgré les souillures de ses enfants et parfois les défaillances de ses chefs, suffirait à prouver la dignité de son origine. Les générations passent ; les institutions vieillissent et se transforment ; les partis se désagrègent ; les sectes s’émiettent ; les cités, les royaumes, les empires s’effondrent ; les dynasties s’éteignent ; les peuples et les races se fusionnent ou disparaissent : seule l’Église Catholique Romaine, la Barque de Pierre, traverse triomphalement la tempête des siècles, toujours identique à elle-même.

Nous nous demandions, au début de cette introduction, ce que nous devons croire. Le Symbole des Apôtres résume les points principaux de notre foi :

Symbole des Apôtres.

1. Je crois en Dieu : le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre ; 2. Et en Jésus-Christ son Fils unique, notre Seigneur ; 3. Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ; 4. A souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ; 5. Est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ; 6. Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant ; 7. D’où il viendra juger les vivants et les morts, 8. Je crois au Saint-Esprit ; 9. La sainte Église catholique, la communion des Saints ; 10. La rémission des péchés ; 11. La résurrection de la chair ; 12. La vie éternelle. Ainsi soit-il.

Lorsqu’une vérité contenue dans le dépôt de la Révélation est définie par l’Église au cours des siècles, elle prend le nom de dogme.

Ainsi, au cours des deux derniers siècles, l’Église a dogmatiquement défini l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge, le 8 décembre 1854, l’infaillibilité pontificale en 1870, au premier concile du Vatican, et l’assomption de la Vierge Marie, en 1950, par Pie XII.

– Je crois que, par une grâce qui n’a été accordée à aucune autre créature humaine, Dieu a préservé la Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, de la souillure originelle, dès l’instant où elle fut conçue dans le sein de sainte Anne sa mère ; sa Conception fut donc immaculée (1).

– Je crois que, lorsque le Pape s’adresse à la sainte Église, et, usant de la plénitude de son autorité doctrinale, lui enseigne qu’une vérité est divinement révélée, il ne peut se tromper, en un mot, il est infaillible.

– Je crois que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste.

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Que devons-nous faire pour nous sauver ?

Il ne peut suffire à l’homme de connaître la vérité, il doit y conformer sa vie.

La loi fondamentale de la vie chrétienne est la charité, c’est-à-dire l’amour de Dieu par dessus toutes choses et l’amour de notre prochain, ainsi que nous-mêmes, par amour pour Dieu. L’amour est le grand commandement, dit Notre-Seigneur. Il résume toute la loi, dit S. Paul. Or, l’amour réel n’est fait ni de paroles, ni de sentiments stériles, il se traduit en actes et en œuvres ; aimer Dieu, c’est soumettre sa volonté à la sienne et Le servir.

La volonté divine trouve son expression naturelle dans la conscience qui apprend à tout homme à discerner entre le bien et le mal, entre le devoir et le péché : aussi l’homme est-il tenu d’obéir à sa conscience.

La Révélation divine et l’Église ont confirmé et précisé les lois d’honnêteté  de la conscience et y ont ajouté les prescriptions positives : les unes et les autres sont contenues, en substance, dans les dix commandements de Dieu et les cinq commandements de l’Église, dont voici l’énoncé :

Les Dix Commandements de Dieu.

1. Un seul Dieu tu adoreras, et aimeras parfaitement, 2. Dieu en vain tu ne jureras, ni autre chose pareillement. 3. Les Dimanches tu garderas, en servant Dieu dévotement. 4. Tes père et mère honoreras, afin de vivre longuement. 5. Homicide point ne feras, de fait ni volontairement. 6. Luxurieux point ne seras, de corps ni de consentement. 7. Le bien d’autrui tu ne prendras, ni retiendras à ton escient. 8. Faux témoignage ne diras, ni mentiras aucunement. 9. L’œuvre de chair ne désireras, qu’en mariage seulement. 10. Biens d’autrui ne convoiteras, pour les avoir injustement.

Les Commandements de l’Église.

1.Les Fêtes tu sanctifieras
 qui te sont de commandement. 2. Les dimanches Messe ouïras,
 et les Fêtes pareillement. 3. Tous tes péchés confesseras
 à tout le moins une fois l’an. 4. Ton Créateur du recevras
 au moins à Pâques humblement. (Communion) 5. Quatre-Temps, Vigiles jeûneras, et le Carême mêmement. 6. Vendredi chair ne mangeras,
 ni jour défendu pareillement.

Impossible d’aimer Dieu, le Bien souverain et infini, par dessus toutes choses, sans faire remonter vers Lui l’amour que nous portons à l’humanité considérée soit en nos frères, soit en nous-mêmes. D’où trois direction dans la pratique de la charité, selon qu’elle s’applique à Dieu en Lui-même ; à notre prochain ; à nous-mêmes.

1° L’union directe de l’âme avec Dieu se fait par les vertus que l’on appelle « théologales » ; on les appelles ainsi, parce qu’elles ont Dieu Lui-même directement pour objet. Ces vertus sont la Foi, par laquelle nous croyons fermement  tout ce que Dieu nous a révélé et que sa Sainte Église nous propose à croire ; l’Espérance, par laquelle nous avons pleinement confiance dans les promesses divines ; la Charité, qui nous attache à Dieu par toutes les puissances de notre âme.

Lorsqu’après avoir eu le malheur d’offenser Dieu, l’âme repentante revient à Lui, elle exprime son amour sous la forme d’un regret d’avoir péché et d’une résolution de ne plus pécher à l’avenir. Cette expression d’amour est formulée dans l’acte de Contrition.

2° La pratique de la fraternité chrétienne se trouve condensée en ces deux adages qui nous sont familiers : Ne point faire à autrui ce que nous ne voudrions que l’on nous fît à nous-mêmes. Faire au prochain ce que nous voudrions qu’il nous fît.

3° S’aimer pour soi c’est de l’égoïsme. L’amour raisonnable et chrétien de soi-même commande la lutte contre nos passions mauvaises, qui sont principalement, selon l’Apôtre saint Jean (2. Jn., II, 16), la sensualité, l’avarice et l’orgueil. Il nous faut combattre sans relâche ces inclinations perverses, si nous voulons assurer en nous le règne de la charité. Soyons tempérants, c’est-à-dire sobres et chastes ; aimons à travailler, qui des bras, qui de la tête ; soyons généreux dans nos biens. Ayons en horreur l’alcoolisme, la luxure, le jeu corrupteur et la dissipation stérile ; la fainéantise, l’exploitation rapace du labeur d’autrui. Soyons humbles, soumettant volontiers notre âme à Dieu, et ne jalousant pas les succès de nos frères. — L’amour bien entendu de soi-même rejoint ainsi l’amour de Dieu et du prochain.

Outre la loi de la charité imposée à tous et dont les commandements généraux de Dieu et de l’Église sont l’expression, il y a pour tout homme des devoirs spéciaux résultant de la situation particulière dans laquelle il est engagé : on les appelle devoirs d’état.

L’institution sociale primordiale est la famille. Seul le mariage confère le droit et l’honneur de perpétuer la vie. Il n’a pas la satisfaction de la passion pour but, mais il est l’union physique et morale, indissoluble et exclusive, de deux époux qui s’engagent à se soutenir mutuellement pour leur perfectionnement moral et pour être en état de fonder une famille chrétienne. Il leur est interdit, sous peine de péché mortel, de contrecarrer la loi qui, de par la volonté providentielle, préside à la propagation de la vie.

Les époux se doivent fidélité, affection, aide réciproque. L’épouse est soumise à l’autorité de son mari. Les mœurs païennes avaient fait d’elle l’esclave de l’homme ; le christianisme l’a établie son associée, sa compagne. Les parents doivent aimer leurs enfants et les élever chrétiennement. Les enfants doivent respecter leurs parents, leur obéir, leur rendre tous les services que réclament la piété filiale.

Entre patrons et salariés doivent régner, d’une part, la justice, l’équité, la bonté ; d’autre part, le respect, la fidélité, l’application.

Entre l’autorité civile et les citoyens doivent régner, d’une part, la justice et l’amour, ainsi que le respect de la loi de Dieu ; d’autre part, la soumission, l’attachement, en un mot la piété patriotique.

Le clergé doit instruire les fidèles et se dévouer avec zèle à leur salut ; les fidèles, de leur côté, doivent à leurs prêtres le respect, l’obéissance et l’affection.

Le bon chrétien est un bon paroissien, c’est-à-dire qu’il s’intéresse activement aux offices, aux œuvres, aux âmes de la paroisse, tout comme le bon citoyen s’intéresse à l’ordre et à la prospérité de sa commune.

Le bon chrétien sait, en effet, que par sa Paroisse et par son Pasteur, il se rattache au diocèse et à son Évêque, et, par l’Évêque, au Pontife suprême et à la communion des Saints de l’Église universelle.

En conclusion de cette seconde partie, les formules des actes de Foi, d’Espérance, de Charité et de Contrition qu’un chrétien devrait réciter chaque jour :


Acte de Foi.

Mon Dieu, je crois fermement, tout ce que vous nous avez révélé et que la sainte Église nous propose à croire ; parce que vous êtes la suprême et infaillible vérité. Dans cette Foi, je veux vivre et mourir.

Acte d’Espérance.

Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ mon Sauveur, la vie éternelle et tout ce qui peut m’aider à l’obtenir ; parce que vous êtes infiniment bon envers nous, tout-puissant et fidèle dans vos promesses. Dans cette Espérance je veux vivre et mourir.


Acte de Charité.

Mon Dieu, je vous aime par dessus toutes choses, de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces ; parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable, et j’aime mon prochain comme moi-même pour l’amour de vous. Dans cette Charité je veux vivre et mourir.

Acte de Contrition.

Mon Dieu, je me repens de tout mon cœur d’avoir offensé votre souveraine Majesté et votre Bonté infinie. Je déteste tous mes péchés pour l’amour de vous ; je me propose fermement de les confesser et de m’en corriger ; et j’aimerais mieux mourir que de vous offenser encore.

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III. Les moyens de Salut

L’homme doit croire à la vérité de la Révélation divine ; il doit pratiquer la charité et obéir aux commandements de Dieu et de l’Église. Il le doit ; mais le peut-il ? en a-t-il les moyens ? De lui-même, non, il ne le peut pas. Mais il a plus à la divine Providence d’accorder à l’homme un moyen de salut que par sa nature il ne pouvait ni acquérir ni se promettre, et que, pour ce motif, on appelle surnaturel, à savoir, la grâce sanctifiante.

En quoi consiste cette grâce sanctifiante ou, pour parler un langage plus simple, cette divine faveur qui pose l’âme dans un état de sainteté ?

La grâce sanctifiante purifie l’âme du péché originel et de ses péchés actuels, sans doute, mais elle fait davantage. Elle opère dans l’homme une rénovation intérieure profonde, en communiquant à l’âme une disposition divine qui la pénètre, s’attache à elle et l’élève à un état surnaturel ; elle la rend digne de l’amitié de Dieu et l’héritière de la gloire éternelle.

Sans la grâce sanctifiante l’amour est capable de faire, dans une certaine mesure, le bien, mais il est absolument incapable d’accomplir un acte qui mérite la récompense éternelle.

Dieu communique à l’âme la grâce sanctifiante par les moyens sensibles, d’institution divine, que l’on appelle les Sacrements.

Il y a, en tout, sept Sacrements ou instruments par lesquels la grâce sanctifiante naît, s’accroît ou se récupère, à savoir : le Baptême, la Confirmation, l’Eucharistie, la Pénitence, l’Extrême-Onction, l’Ordre et le Mariage.

Le Baptême confère à l’âme la grâce sanctifiante qui efface tous les péchés et remet les peines dues pour les péchés ; il fait de nous les enfants de Dieu et de l’Église ; il inaugure pour l’âme une vie nouvelle qui se développe ici-bas par la pratique de la foi, de l’espérance, de la charité et des autres vertus chrétiennes, et se consomme dans la possession immédiate et éternelle de Dieu au Paradis.

La Confirmation perfectionne la vie chrétienne et l’affermit.

La Sainte Eucharistie l’alimente et la fortifie.

La Pénitence la fait renaître en nous quand, par le péché mortel, nous avons eu le malheur de la perdre.

L’Extrême-Onction la soutient dans les difficultés de l’agonie.

L’Ordre institue les ministres des Sacrements que nous venons d’énumérer, et leur donne ainsi le pouvoir de propager la vie chrétienne.

Le Mariage, enfin, est un Sacrement par lequel les époux obtiennent et se confèrent mutuellement la grâce de s’entr’aider dans la vie et d’élever des enfants chrétiens.

Si grande est la miséricorde divine à notre égard, que les Sacrements opèrent par eux-mêmes dans l’âme leur effet bienfaisants, quelles que soient les dispositions mauvaises ou les fautes de celui qui les administre.

Jamais, nous ne pourrons assez bénir la libéralité du bon Dieu qui a daigné nous accorder, sans aucun mérite de notre part et malgré nos démérites, la grâce sanctifiante ; jamais nous ne serons assez soucieux d’éviter le péché mortel, qui nous ravirait cet incomparable trésor.

Il y a deux autres moyens de salut, dont l’efficacité dépend ordinairement des qualités personnelles de celui qui les emploie, c’est la prière et la pratique du bien.

La prière est le moyen le plus général, toujours à la portée de tous, d’obtenir les bienfaits, soit naturels, soit surnaturels, de la Providence divine et, en particulier, la grâce de recevoir les Sacrements ou d’en recueillir abondamment les fruits. « Demandez et vous recevrez, a dit Notre-Seigneur ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. Quiconque prie, obtient ; qui cherche, trouve ; qui frappe à la porte, la voit s’ouvrir. » Lc., XI, 9-10.

Les bonnes actions, que la prière nous aide à accomplir, deviennent elles-mêmes un moyen d’obtenir du bon Dieu des grâces nouvelles et d’avancer ainsi dans son amour. Il n’est pas une action, si vulgaire soit-elle, qui ne puisse être convertie en un acte d’amour.

On doit prier pour glorifier Dieu, pour le remercier de ses bienfaits, pour lui demander pardon de l’avoir offensé. On doit prier, afin d’obtenir pour soi et pour autrui le secours de Dieu.

Il y a une prière excellente entre toutes, dont Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même est l’auteur ; on l’appelle l’Oraison dominicale ou le Pater. Et il existe aussi une autre qui lui est intimement liée : la Salutation angélique, qui offre nos hommages et nos supplications à Dieu par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie :

Oraison Dominicale 

Notre Père qui êtes aux cieux :
 Que votre Nom soit sanctifié ;
 Que votre règne vienne ; 
Que votre Volonté soit faites sur la terre comme au ciel ; 
Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ;
 Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ;
 Et ne nous laissez pas succomber à la tentation ; 
Mais délivrez-nous du mal.
Ainsi soit-il.

Salutation Angélique.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le Fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.

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Nous avons exposé jusqu’à présent les vérités à croire, les obligations à accomplir, les moyens à employer pour opérer l’œuvre dont l’importance capitale domine la vie, l’œuvre de notre sanctification et de notre salut. Nous croyons utile de compléter notre exposé par quelques Instructions spéciales sur les Sacrements.

Nous devons savoir comment on administre le Baptême, parce que chacun de nous peut être appelé, en cas de nécessité, à conférer ce Sacrement. Il faut prendre de l’eau naturelle, et, pendant que vous versez l’eau sur la tête de l’enfant (ou de l’adulte), il faut prononcer distinctement ces paroles : Je te baptise au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Le Sacrement de Pénitence remet au chrétien les péchés commis après le Baptême, pourvu que le pénitent les confesse, en toute sincérité, tels que sa conscience les lui fait voir, et avec contrition, c’est-à-dire avec le repentir d’avoir offensé Dieu par ses péchés et un ferme propos de la volonté de ne plus les commettre.

L’Extrême-Onction est, dans le dessein de Notre-Seigneur, un moyen surnaturel de guérison pour l’âme, et même, si cette faveur est salutaire au malade, pour le corps. Il ne faut donc pas attendre, pour la demander et pour la recevoir, un danger de mort immédiat ; les parents, le médecin, les proches et, au besoin, les voisins charitables doivent veilleur à ce que le saint Viatique et l’Extrême-Onction soient portés au malade pendant qu’il est en pleine possession de lui-même, et encore capable de coopérer, par sa foi et par sa piété, à une réception plus fructueuse des Sacrements.

Le Mariage a été élevé par Notre-Seigneur Jésus-Christ à la dignité de Sacrement. Pour être valide, il doit être contracté en présence de deux témoins, devant le curé de la paroisse où il a lieu, ou, à défaut du curé, devant son délégué.

Le mariage ne se dissous que par la mort de l’un des conjoints. Aucun des époux ne peut, tant que vit son conjoint, contracter validement un nouveau mariage, — l’Église réprouve les mariage mixtes, c’est-à-dire dont l’un des époux appartient à une religion autre que la religion catholique. A plus forte raison faut-il déplorer l’union d’un fidèle avec un incroyant ( si les époux ne sont pas d’accord sur les questions essentielles de la vie, sur quoi d’autre le seront-ils ? )

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Conclusion

LES ENSEIGNEMENTS QUI PRÉCÈDENT NOUS VIENNENT DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST ET DOIVENT NOUS RECONDUIRE À LUI. LES VÉRITÉS QUE NOUS DEVONS CROIRE POUR NOUS SAUVER NOUS ONT ÉTÉ RÉVÉLÉES PAR LUI ET NOUS SONT PROPOSÉES PAR SON ÉGLISE. LES COMMANDEMENTS QUE NOUS AVONS À OBSERVER VIENNENT DE LUI, ET LA LOI DE LA CHARITÉ QUI LES RÉSUME A ÉTÉ PROMULGUÉE PAR LUI. LA GRÂCE QUI NOUS REND POSSIBLE L’AMOUR DE DIEU ET DU PROCHAIN EST LE FRUIT DE SA RÉDEMPTION. LES SACREMENTS SONT ENCORE SON ŒUVRE.

La prière n’est puissante auprès du bon Dieu que par son intercession, et c’est pour ce motif que toutes les prières de l’Église se terminent par ces mots adressés au Père éternel : Par Notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, dans l’unité du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Oui, Jésus-Christ vit et règne dans les cieux ; Il y prie sans cesse pour nous.

Il vit et règne dans nos âmes, aussi longtemps que nous avons le bonheur de les préserver du péché mortel ; Il y vit par la grâce sanctifiante et y fait régner la charité.

Il vit et règne dans la Sainte Eucharistie. A la Consécration de la Messe, en vertu des paroles consécratoires que le prêtre prononce, Il y devient présent réellement, avec son âme et son corps, homme et Dieu, sous les espèces sensibles du pain et du vin. Il y renouvelle alors, d’une manière non sanglante, le Sacrifice qu’Il a consommé une fois, avec effusion de sang, sur la Croix, pour le salut de l’humanité. Il se donne ensuite à nous, par la sainte Communion, pour développer la vie divine en nous. Il reste présent dans nos Tabernacles et se donne en Viatique aux mourants.

N’oublions pas que pour tout chrétien c’est une obligation, sous peine de péché mortel, d’entendre la Messe tous les dimanches et aux quatre grandes fêtes de l’année : la Noël, l’Ascension, l’Assomption et la Toussaint. N’y manquons jamais. Assistons, si possible, à la grand’Messe, que notre curé chante alors pour nous, pour le bien de notre âme et pour la prospérité de nos familles. Et quand nos occupations nous le permettent, assistons même en semaine à la Messe et, tout au moins, envoyons-y nos enfants.

Nous devons aussi, sous peine de péché mortel, communier au moins une fois l’an, au temps pascal. Tous les fidèles, dès qu’ils ont l’âge de raison, sont liés par ce précepte.

Mais ce serait trop peu, de nous contenter de ce minimum strictement obligatoire pour mériter le nom de chrétien. Notre Divin Sauveur et l’Église, son interprète fidèle, nous invitent à communier souvent, même tous les jours. Il suffit, pour cela, que nous soyons en état de grâce et que nous ayons une intention droite.

Oh ! si nous connaissions le don de Dieu ! Si nous savions quel est Celui qui nous invite à son autel, à sa table, à son tabernacle, avec quel empressement nous irions à Lui, et avec quelle joie, Il verserait la paix dans nos consciences.

En terminant, acclamons notre Dieu et Divin Sauveur Jésus-Christ, et redisons avec l’Apôtre saint Jude : « A Celui qui a la puissance de nous préserver du péché et de nous faire comparaître purs et dans l’allégresse devant son glorieux tribunal, à notre seul vrai Dieu, qui par notre Seigneur Jésus-Christ a sauvé nos âmes : gloire, magnificence, souveraineté et puissance de l’éternité. Ainsi soit-il. »

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(1) NOTE DU SITE. La Sainte-Vierge est la seule créature qui n’a pas le pêché originel, ni donc ses marques ; et elle n’a jamais pêché. Pour autant, la Sainte Vierge n’est ni divine, ni prédestinée au sens absolu. Dieu, qui vit hors du temps, a accordé à la Sainte Vierge la grâce (don gratuit mais juste), la grâce unique, d’être immaculée : préservée du pêché originel ; elle l’a été en vue des mérites de son Fils. Dieu l’a laissée libre et a vu son « oui » à  l’Incarnation de éternité, et lui a accordé à la Mere du Verbe cette grâce par anticipation. Toutes les autres créatures humaines sont lavées du pêche originel, durant leur vie, par le Baptême. La doctrine a toujours été enseignée implicitement ou explicitement par les docteurs ecclésiastiques.

• Pour le lecteur contemporain :

Les prières données dans cet opuscule sont parfois des versions anciennes de celles que les fidèles connaissent généralement de nos jours. Elles ne sont plus sues, écrites dans une langue un peu vieillie comme le reste de l’opuscule.

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