Extrait du sermon du Saint Curé d’Ars pour le jour de Noël

Nativité 6Je dis que Jésus-Christ, bien loin de chercher ce qui pouvait le relever dans l’estime des hommes, au contraire, veut naître dans l’obscurité et dans l’oubli ; il veut que de pauvres bergers soient instruits secrètement de sa naissance par un ange, afin que les premières adorations qu’il recevrait lui fussent faites par les plus petits d’entre les hommes. Il laisse dans leur repos et leur abondance les grands et les heureux du siècle, pour envoyer ses ambassadeurs vers les pauvres, afin qu’ils soient consolés dans leur état, en voyant dans une crèche, couché sur une poignée de paille, leur Dieu et leur Sauveur. Les riches ne sont appelés que longtemps après, pour nous faire comprendre qu’ordinairement les richesses, les aises nous éloignent bien du bon Dieu.

Pouvons-nous, M. F., d’après un pareil exemple, avoir de l’ambition, conserver un cœur enflé d’orgueil et rempli de vanité ? Pouvons-nous encore rechercher l’estime et les louanges des hommes, en jetant les yeux dans cette crèche ? Ne nous semble-t-il pas entendre ce tendre et aimable Jésus nous dire à tous : « Apprenez de moi combien je suis doux et humble de cœur (Matth., XI, 29.) ? » D’après cela, M. F., aimons à vivre dans l’oubli et le mépris du monde ; ne craignons rien tant, nous dit saint Augustin, que les honneurs et les richesses de ce monde, puisque, s’il était permis de les aimer, Celui qui s’est fait homme pour l’amour de nous, les aurait aimés lui-même. S’il fuit et méprise tout cela, nous devons faire de même, aimer ce qu’il a aimé et mépriser ce qu’il a méprisé : voilà, M. F., la leçon que Jésus-Christ nous donne en venant au monde, et voilà en même temps le remède qu’il applique à notre première plaie, qui est l’orgueil. 

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