Saint Jérôme – traité au préfet Dardanus sur les juifs – 5ème partie

Saint Jérôme

TRAITÉ SUR LES JUIFS.

A DARDANUS, PRÉFET.

(suite)

Je sais bien que les Juifs toujours perfides et incrédules rejettent ces témoignages quoique corroborés par l’autorité de l’Ancien Testament. Quant aux chrétiens, ils doivent savoir que non-seulement toutes les Églises de l’Orient, mais encore tous les anciens auteurs ecclésiastiques de l’Église grecque, reçoivent cette lettre adressée aux Hébreux comme étant de saint Paul, quoique plusieurs l’attribuent ou à saint Barnabé ou à saint Clément. Au reste, qu’importe l’auteur, puisqu’il est certain qu’elle est l’ouvrage d’un chrétien, et qu’on la lit tous les jours dans les églises ? Que si les Latins ne la mettent point au nombre des livres canoniques, les Grecs n’y mettent pas non plus l’Apocalypse de saint Jean ; cependant, nous autres Orientaux nous mettons l’une et l’autre dans le canon des saintes Écritures, nous conformant en cela, non point aux coutumes que nous voyons aujourd’hui établies dans les Églises, mais à l’exemple des anciens écrivains ecclésiastiques, qui les citent souvent comme des livres canoniques, et non pas comme des ouvrages apocryphes; car ils se servent rarement de l’autorité des auteurs profanes.

Je prie ceux qui prétendent que le peuple juif après sa sortie d’Égypte prit possession de ce pays, devenu pour nous par la Passion et la Résurrection du Sauveur une véritable terre de promission; je les prie, dis-je, de nous faire voir ce que ce peuple en a possédé; ce qui depuis Dan jusqu’à Bersabée ne s’étendait que l’espace de cent soixante milles de longueur. L’Écriture sainte n’en donne pas davantage à David et à Salomon, les deux plus puissants rois qui aient jamais régné en Israël. Je ne parle point ici des peuples qu’ils ont subjugués et qui sont entrés dans leur alliance, je veux dire les cinq villes des Philistins, Gaza, Ascalon, Getli, Accaron (438) et Azot; les Iduméens qui ne sont éloignés de Jérusalem qu’environ soixante et quinze milles du côté du midi ; les Arabes et les Agaréniens, qu’on appelle aujourd’hui Sarrazins et qui habitent les environs de Jérusalem. J’ai honte de dire quelle est la largeur de la terre de promission, et je crains que les Païens ne prennent de là occasion de blasphémer. On ne compte que quarante et six milles depuis Joppe jusqu’à notre petit bourg de Bethléem; après quoi on ne trouve plus qu’un affreux désert habité par des nations barbares descendues d’Ismaël, dont l’Écriture a dit : « Il dressera ses pavillons vis-à-vis ses frères


Source : œuvre de Saint Jérôme publiée par M. Benoit Matougues, sous la direction de M. L. Aimé-Martin, 1838

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