Le Pape Pie XI, à propos de la vertu du prêtre.

WP_20141202_001Elle est donc très sublime, Vénérables Frères, la dignité du sacerdoce, et les faiblesse de quelques indignes, si déplorable et douloureuses qu’elles soient, ne peuvent obscurcir la splendeur d’une si haute dignité ; et elles ne doivent pas faire oublier les mérites de tant de prêtres remarquables par leur vertu, leur savoir, les œuvres de leur zèle, leur martyre. D’autant plus que l’indignité du sujet ne rend pas invalide les actes de son ministère : l’indignité du ministre ne porte pas préjudice à la validité des sacrements qui tirent leur efficacité du sang du Christ indépendamment de la sainteté de l’instrument : comme on dit en langage scolastique : « ex opére opérato ».

Il est pourtant très vrai qu’une pareille dignité exige par elle-même de celui qui en est revêtu une élévation de pensées, une pureté de cœur, une sainteté de vie qui répondent à la sublimité et à la sainteté de la fonction sacerdotale. Celle-ci, comme nous l’avons dit, fait du prêtre un médiateur entre Dieu et l’homme, au nom et par délégation de celui qui est «le seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus homme. » (S. Io. Chysost., Homil. 5 in Isaiam – Migne, P. G., LVI, 131). Le prêtre doit donc s’approcher autant qu’il est possible de la sainteté de celui dont il tient la place et se rendre toujours plus agréable à Dieu par la sainteté de sa vie et de ses œuvres ; car, plus que le parfum de l’encens, plus que l’éclat des temples et des autels, Dieu aime la vertu et s’y complait.
« Ceux qui sont médiateurs entre Dieu et le peuple -dit Saint Thomas- doivent briller devant Dieu par leur bonne conscience et devant les hommes par leur bonne renommée. » (S. Thom. Aquin, Summ. Theol., Supplem., q. 36, a, I, ad 2m). D’autre part, si celui qui touche et administre les choses saintes mène une vie coupable, il les profane et devient sacrilège : « Ceux qui ne sont pas saints ne doivent pas toucher aux choses saintes » (Decret., dist. 88, can. 6).
C’est pourquoi déjà sous l’ancienne Loi, Dieu commandait à ses prêtres et à ses lévites : « Qu’ils soient saints, parce que moi le Seigneur qui les sanctifie, je suis saint » (Levit., XXI, 8.). Et Salomon le Sage, dans le cantique pour la dédicace du temple, demandait précisément ceci pour les fils d’Aaron : «Que tes prêtres se revêtent de la justice, et que tes saints exultent » (Ps. CXXXXI, 9.). Or, Vénérables frères, si une telle justice, une telle sainteté et une telle promptitude − dirons-bous avec Saint Robert Bellarmin − étaient demandées à ces prêtres qui sacrifiaient des brebis et des boeufs et louaient Dieu pour des bienfaits temporels, qu’est-il exigé, je vous le demande, « de prêtres qui sacrifient l’Agneau divin et rendent grâce pour des bienfaits éternels ? » (S. Rob. Bellarmin., Explanatio in Psalmos, Ps. CXXXI, 9.). « La dignité des Prélats est grande, assurément, s’écrit Saint Laurent Justinien, leur charge est encore grande encore ; placés sur un degré si élevé aux yeux des hommes, il faut aussi qu’ils s’élèvent au sommet de la vertu eux yeux de Celui qui voit tout ; autrement, ce n’est pas pour leur mérite, mais pour leur condamnation qu’ils sont au dessus des autres. » (S. Laur. Justin., De instit. et regim. Praelat., c. II − édit. Veneta, 1606, fol.. 380-381−)

Source : Lettre encyclique « AD CATHOLICI SECERDOTII FASTIGIUM», de Sa Sainteté le Pape Pie XI sur le Sacerdoce Catholique, 20 décembre 1935, Maison de la bonne presse, 5 rue Bayard, Paris 8ème

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