Mgr de Ségur répond aux objections contre la religion (56)

Mgr De SégurObjection : Je pratiquerai la Religion plus tard, quand je n’aurai plus tant d’affaires. Je me confesserai plus tard, à la mort. Bien certainement je ne mourrai pas sans sacrements.

Réponse : Plus tard?

Bien certainement ?

Oui, s’il y a un plus tard pour vous, et si vous en avez les moyens au moment de mourir, ce qui, bien certainement, est douteux.

 

Combien ont dit comme vous : « Demain, plus tard, » pour qui il n’y a eu que le jugement et l’éternité!…

Combien ont négligé de se confesser quand ils le pouvaient facilement, qui ne l’ont pu faire quand ils l’ont voulu !

Vous vous confesserez à la mort ? Mais si Dieu mettait la mort avant la confession ?

« Oh ! répondez-vous, il est miséricordieux ! » — Oui ; aussi vous offre-t-il aujourd’hui un pardon que vous ne méritez pas.

Mais celui qui a promis le pardon au pécheur pénitent ne lui a pas promis le lendemain.

Tout au contraire, il l’a averti de se tenir toujours sur ses gardes, parce que la mort lui serait envoyée à l’improviste… Écoutez le Maître et le Juge : «Je vous le dis à tous, veillez ! Soyez prêts, paire que je viendrai à l’heure où vous n’y penserez pas. . . Oui, le Seigneur viendra en un jour où vous ne l’attendez pas et au moment que vous ignorez; et il rejettera le serviteur trouvé infidèle « C’est alors qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (Év. saint Matthieu, ch. 24.)

Quelle folie de risquer son éternité sur un peut-être !

Il y a peu d’années, à la prison cellulaire de la Roquette, à Paris, un jeune détenu, âgé de 17 ans, avait refusé à l’Aumônier de venir le trouver pour remplir le devoir pascal. Tous, excepté lui, avaient accueilli la parole du Prêtre.

« Plus tard , avait-il répondu , pas maintenant ; l’année prochaine, pas cette année! »

Le lendemain de son infructueuse visite, P Aumônier descend aux cellules de l’infirmerie. Il voit sur une des portes le numéro de son détenu de la veille. Il entre, et le trouve couché, endormi et fort pâle. Il appelle la sœur infirmière, et demande ce qu’a le nouvel arrivé. « Pas grand’chose, répond-elle ; un mal de tête, quelque indigestion peut-être. » — Ils rentrent tous deux ; la sœur approche et parle au jeune malade qui ne répond pas. « Mais, ma sœur, dit le Prêtre effrayé, ce garçon-là se trouve mal. Envoyez chercher le médecin. » — Au bout de quelques minutes le docteur arrive… Le malade était en effet sans connaissance. Le médecin lui prend le pouls, met la main sur le cœur…. « Ah, mon Dieu !…. s’écrie-t-il d’un air de stupéfaction. — Qu’y a-t-il donc ? demande le Prêtre. » — De nouveau, le docteur examine: « Ce qu’il y a!… s’écrie-t-il. Il y a que ce jeune homme est mort ! »

— « Mort ! répéta l’Aumônier, en poussant un cri de terreur, mort! »

Et il regardait avec effroi ces lèvres encore ouvertes qui venaient de repousser Dieu, et avaient dit : « Plus tard, à l’année prochaine ! »

 … Dans la cellule voisine gisait un antre détenu, âgé, lui aussi, de dix-sept ans. Administré depuis quelques jours, on attendait ses derniers moments : « O mon père, murmura-t-il, quand il vit entrer le Prêtre, mon bon père, que je suis heureux !… Je vais voir le bon Dieu. . . sera-ce bientôt ?» — Et comme l’Aumônier lui donnait quelques paroles d’espoir pour sa guérison : « Ne me dites pas cela, dit-il avec un sourire. J’aime bien mieux mourir; je pourrais pécher, oublier Dieu, si je revenais à la santé… J’aime mieux mourir pour aller au paradis!… » — Et le soir, ce jeune homme expirait doucement en mêlant à son dernier soupir le nom sacré de Jésus!…

Les exemples de morts subites, entièrement imprévues, sont quotidiens. Il y a peu de temps (en 1849), un ouvrier, père de famille, tomba d’une hauteur de quelques pieds sur le pavé de la rue de Vaugirard, à Paris. Il se tua roide. Il ne put même pousser un cri ! — Il avait entendu l’avertissement de l’Évangile… Il se confessait et communiait tous Les huit jours.

S’il vous en arrivait autant ce soir, seriez- vous prêt, comme lui, à entrer dans votre éternité?

Plus récemment encore un homme passait dans la rue de… Il chancelle, tombe. On l’entoure aussitôt; on le porte dans une boutique voisine. Un médecin est appelé ; il l’examine, et déclare que la mort avait été instantanée, avant même que l’infortuné fût entièrement tombé à terre. Celui-ci n’était pas préparé.

Après cela comptez donc sur le lendemain pour vous sauver !

Après cela parlez-moi de plus tard! Après cela dormez tranquille avec cette pensée: Je me confesserai bien certainement a la mort !

Un pauvre apprenti avait fait depuis quelques mois sa première communion. Il avait pris une seule résolution, mais l’avait prise sérieusement: « Si je viens à tomber dans un péché mortel, j’irai me confesser avant de me coucher, le jour même. »

Ce malheur lui arriva. C’était un samedi ; il faisait mauvais temps. Le prêtre était loin. Il se dit d’abord : « J’irai me confesser dans quelques jours. » Mais sa promesse lui revenait en la mémoire, et quelque chose lui disait : Fais ce que tu as promis ; va te confesser.

Il hésitait. Dans ce combat intérieur, il se met à genoux et dit un Ave Maria , pour obtenir la grâce de connaître la volonté de Dieu. . . La prière est le salut de l’âme….

Il se lève et se met en chemin.

A son retour, il est rencontré par sa marraine qui lui demande d’où il vient; il le lui raconte, la joie sur le visage , et lui dit qu’il va dormir en paix , ayant recouvré l’amitié du bon Dieu.

Sa mère avait coutume de le laisser au lit un peu plus longtemps le dimanche que les autres jours.

Selon son usage donc, elle ne l’éveille qu’à sept heures, en frappant à la porte de sa chambrette et en l’appelant.

Un quart d’heure après, Paul dormait encore. La mère l’appelle de nouveau, et, impatientée de n’avoir pas de réponse, elle entre dans la chambre: « Allons donc, paresseux! il est près de sept heures et demie, n’es-tu pas honteux ?… »

Elle approche de son enfant, qui ne bougeait pas… Elle lui prend la main, qu’elle trouve glacée…. Effrayée, elle regarde… et, poussant un affreux cri, elle tombe à terre sans connaissance. . . L’enfant était mort, et son cadavre déjà froid! !

Heureux de n’avoir pas remis à plus tard! de n’avoir pas remis même au lendemain!!

Puissiez- vous être aussi sage, vous qui lisez ceci, et faire de même !

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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