Mgr de Ségur répond aux objections contre la Religion (55)

Mgr De SégurObjection : L’Extrême-Onction fait mourir les malades. Il y a de quoi les tuer. Il ne faut appeler le Prêtre que quand il n’y a plus de connaissance.

Réponse : C’est cela; il faut appeler le confesseur quand on ne peut plus se confesser ; il faut appeler le Prêtre quand sa présence est devenue inutile ! — .Il y aurait quelque chose de plus simple encore ; ce serait de ne pas l’appeler du tout et de laisser mourir les gens comme des chiens…

 

Est-ce donc que Jésus -Christ est le Dieu des morts ? et est-ce pour des cadavres qu’il a donné ses Prêtres ?

On ne saurait calculer le nombre des malheureuses âmes que ce fatal préjugé a perdues, perdues éternellement. L’expérience de chaque jour à beau le démentir; on a beau voir les malades pleurer de joie après avoir reçu les derniers secours de la Religion, rien n’y fait ; et l’on voit des familles entières qui se prétendent chrétiennes, se liguer, en quelque sorte, contre le Prêtre, pour l’empêcher de sauver l’âme d’un père, d’une mère, d’un enfant, d’un ami, prêts à paraître devant Dieu !

Et puis, quand il est trop tard, quand le Prêtre adresse quelques reproches à cette famille insensée :

« Oh, dit-on, il était si bon! C’était un si honnête homme ! Une si brave femme ! Il était si rangé ! Elle aimait tant ses enfants ! Il n’y a pas de craintes à avoir… » — Et souvent il y avait dix ans, vingt ans que ce malheureux mort avait oublié Jésus-Christ et négligé les devoirs essentiels de la vie chrétienne ! !

Mais non, mais non, sachez-le donc une bonne foi, les pauvres mourants n’ont pas peur du Prêtre ! mais non, sa visite ne les tue pas ! Elle les sauve, au contraire, elle les console, elle les fortifie, elle les soulage, quelquefois même physiquement. Les médecins passent leur vie à constater les résultats non moins inattendus que touchants de l’accomplissement des devoirs religieux chez les malades.

Il y a peu de temps, au moment où je trace ces lignes, j’en ai eu un exemple que je n’oublierai de ma vie. Je fus appelé le mardi-gras de l’année 1850 auprès d’un enfant malade, condamné par son médecin. La pauvre mère n’avait plus aucun espoir. Je donnai à ce pauvre petit les derniers sacrements des chrétiens , je le confessai, je l’administrai et je lui fis faire en viatique sa première communion., ou plutôt, sa dernière ! L’enfant tenait ses petites mains jointes pendant cette triste et pieuse cérémonie. Et lorsque, après, je lui demandai s’il était bien content, il rassembla ses forces pour me répondre avec un sourire : « Oui, mon père, bien content. » Je le quittai, n’espérant plus le revoir. . .

Le lendemain matin, le médecin fut surpris de le trouver encore vivant. Mais sa surprise augmenta bien davantage quand il l’examina de près. Il n’y avait plus de fièvre ; les symptômes de mort avaient disparu. Il n’y comprenait rien.

Trois jours après, le petit ressuscité jouait avec son frère.

L’Extrême-Onction l’avait-elle fait mourir ?

N’ayez donc pas peur du Prêtre. Quand vous êtes gravement malade, envoyez-le chercher tout d’abord. Demandez-lui les consolations de la Religion. Tenez-vous prêt à tout événement et mettez- vous en paix avec Dieu. Avoir son passeport en règle n’oblige point à partir.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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