Mgr de Ségur répond aux objections contre la religion (53)

Mgr De SégurObjection : J’ai fait de trop grands péchés ; il est impossible que Dieu me pardonne !…

Réponse : Impossible? Pauvre âme, qui ne connaissez pas le cœur de Jésus-Christ !

En avez-vous fait, dites-moi, plus que Madeleine? Madeleine, la femme de mauvaise vie, Madeleine la pécheresse publique, Madeleine que chacun repoussait comme si son contact seul eût été une souillure — Ne vous souvient-il plus de son histoire ?

 

Le bon Jésus a été invité à dîner chez Simon le Pharisien. Il est à table, étendu selon l’usage des Juifs. Une femme entre dans la salle, elle se jette aux pieds du Sauveur, et sans rien dire, mais en pleurant, elle saisit ses pieds sacrés, elle les arrose de ses larmes, elle les couvre de ses baisers…. Le Pharisien la reconnaît; c’est Madeleine la pécheresse! « Si cet homme était le Fils de Dieu, pensa-t-il en lui-même, il saurait que cette femme est une misérable î…. » — Jésus, connaissant ses pensées :

« Simon , dit-il , j’ai quelque chose à te dire. » — « Maître, répond le Pharisien, parlez. » — «  L’homme avait deux débiteurs; l’un devait cinq cents pièces d’or, l’autre cinquante oboles. Il leur remit leur dette à tous deux. Lequel, penses-tu, doit l’aimer davantage? » — « Celui-là sans doute, répond Simon, à qui il a remis la plus grosse dette. » — «  Tu as raison, » dit Jésus-Christ. Et, se tournant vers la pauvre Madeleine : « Tu vois cette femme ? Quand je suis entré chez toi, tu ne m’as point donné le baiser de paix; et elle, depuis qu’elle est entrée dans ta maison, elle n’a point cessé de baiser mes pieds. Tu ne m’as point offert de l’eau pour me purifier selon l’usage; et elle, elle me couvre de ses larmes… En vérité, en vérité je te le déclare, beaucoup de péchés lui sont pardonnes parce qu’elle m’a aimé beaucoup. » « — Puis, sans s’inquiéter davantage des murmures de l’orgueilleux Pharisien : o Femme, dit-il à sainte Madeleine, va en paix et ne pèche plus. »

Et, après cela, vous désespéreriez de la bonté de Dieu?… Oh! non; le cœur de votre Sauveur est toujours le même. Il vous attend avec une merveilleuse douceur. Allez, allez vous jeter à ses pieds; allez pleurer vos fautes. Elles sont grandes, oui ; mais sa bonté est plus grande encore! Il l’a déclaré de ses lèvres divines : « JAMAIS je ne repousserai celui qui vient à moi. »

Rappelez-lui les souffrances qu’il a endurées pour vous ; rappelez-lui sa crèche, sa pauvreté, son agonie, sa passion, sa couronne d’épines, sa flagellation, sa croix, sa mort… Rappelez-lui sa Mère, sa douce Mère qu’il vous a donnée précisément pour être auprès de lui votre avocate, votre refuge, votre espoir. . .

Puis, le repentir dans le cœur, allez trouver le ministre du pardon, le juge de miséricorde, le confesseur. . . Demandez-lui indulgence et secours. Il vous les donnera, soyez-en sûr ; car Dieu veut qu’il les donne à tous et toujours. Puis, vous entendrez à travers vos larmes, la grande parole de vie éternelle qui a ressuscité Madeleine, et qui, de Madeleine la pécheresse, a fait l’admirable sainte Marie-Madeleine! « Tes péchés sont pardonnes; lève-toi et ne pèche plus. »

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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