Mgr de Ségur répond aux objection contre la Religion (51)

Mgr De SégurObjection : La vie chrétienne est trop ennuyeuse. C’est trop triste. Se priver de tout, avoir peur de tout, quelle vie !

Réponse : Hé ! là, là ! tout doucement, mon pauvre ami ! ne vous effarouchez pas si vite ! La vie chrétienne ne vous oblige pas « à craindre tout et à vous priver de tout. » Vous vous exagérez les choses ; si la loi de l’Évangile est un joug, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous l’impose, nous déclare lui-même « que ce joug est doux et que ce fardeau est léger. »

 

Vous connaissez sans doute de bons chrétiens? Ont-ils l’air si triste, si maussade, si malheureux?

Tous ceux que je connais ont, au contraire, quelque chose de paisible, d’honnête, de content sur le visage ; leur vue seule fait du bien.

Je ne nie pas qu’il faille, pour être un vrai chrétien, veiller sur soi-même et éviter certains plaisirs mauvais ou dangereux. Je ne nie pas que la lutte de la volonté contre les passions ne soit quelquefois très-difficile.

Mais trouvez une condition sans luttes et sans sacrifices! Pour apprendre votre état, pour gagner votre vie, ne faut-il pas que vous vous donniez du mal, et beaucoup de mal ?

Même pour s’amuser, il faut ordinairement s’imposer quelques sacrifices. . .

Et l’on voudrait que la plus grande, la plus importante, la seule nécessaire de toutes les choses, qui est l’œuvre du salut éternel, ne coûtât rien ! C’est impossible.

Le monde voit des chrétiens prier, faire pénitence, s’imposer des contraintes, donner ce qu’ils ont aux pauvres, étouffer leurs passions, se priver des plaisirs sensuels, et faire telles ou telles autres choses qui lui font paraître cette vie désagréable et rigoureuse.

Mais ce n’est là que l’écorce. Regardez au dedans, et vous verrez le cœur tout réjoui et tout généreux, qui rend faciles, agréables même, ces sacrifices en apparence si pénibles.

Un bon fils, qui se prive pour sa mère, n’est-il pas heureux des privations qu’il s’impose ?

La piété chrétienne change en douceur ce qui est amer dans la pratique du devoir; comme les abeilles, qui changent en miel le suc très-amer qu’elles cueillent sur la fleur de thym.

Essayez, et vous verrez. Il faut sentir ces choses; les paroles ne les peuvent faire comprendre à qui n’en a pas l’expérience.

Vous n’avez peut-être, pour cela, qu’à vous reporter aux jours de votre enfance. Il est peu d’hommes qui n’aient goûté ce pur bonheur de l’amour de Dieu au grand et solennel moment de leur première communion… Vous étiez heureux alors!… Pourquoi: Parce que vous étiez pur, chaste, appliqué au bien, en un mot, parce que vous étiez chrétien.

Redevenez-le, et vous serez heureux encore. Le Dieu de votre enfance n’a pas changé. . . comme vous, hélas! il vous aime toujours, et attend le retour de son enfant prodigue. N’ayez pas peur de lui; il est le bon Sauveur, il est le refuge des pécheurs repentants. « Jamais, nous a-t-il dit, jamais je ne rejetterai celui qui vient à moi! »

Prenez ce joug doux et léger de la vie chrétienne, et vous trouverez le repos, la paix du cœur, la vraie joie en ce monde, et après votre mort les joies éternelles du paradis.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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