Mgr de Ségur répond aux objections contre la Religion (48)

Mgr De SégurObjection : Je ne peux plus ! C’est trop difficile !

Réponse : Dites donc que vous ne voulez pas ! On peut tout ce qu’on veut, en ce qui touche la conscience le salut.

 

 

 

 

Ce qui manque, ce n’est pas le pouvoir, c’est le courage. On a peur du travail, on recule. Le vrai chrétien est un brave ; semblable à un bon soldat que les efforts des ennemis ne font qu’exciter davantage au combat, il n’a peur de rien. Appuyé sur Jésus-Christ, il tire de lui toute sa force. S’il tombe, il se relève, et recommence le combat plus fort qu’auparavant.

« Je ne peux pas ! » Le paresseux qui, le matin, bâille , se détire, se retourne dans son lit, et se rendort, au lieu de travailler, dit aussi : « Je ne peux pas ! »

Un jour viendra où vous verrez que vous pouviez. Mais il ne sera plus temps alors, elle moment du travail sera passé.

Vous serez devant le tribunal de Jésus-Christ, et vous entendrez sa redoutable parole : « Retirez-vous de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au démon (1). » Vous comprendrez, ce jour-là, que vous pouviez!

Cependant il y a quelque chose de très-vrai dans ce que vous dites. Non, vous ne pouvez pas vaincre vos passions et pratiquer les vertus si hautes du chrétien, si vous n’allez chercher, là où elle est, la force nécessaire pour cela.

Non, vous ne pouvez éviter les péchés dont vous avez l’habitude, si vous n’employez les moyens que Jésus-Christ votre Sauveur a déposés à cet effet dans les mains de son Église.

Ces moyens, vous les connaissez ; dans des temps plus heureux, quand vous étiez bon, pur, honnête, parce que vous étiez chrétien, vous les avez employés, et vous avez connu par vous-même toute leur douceur, toute leur puissance.

C’est la prière ;

C’est la sanctification du dimanche ;

C’est l’instruction religieuse ;

C’est surtout la fréquentation de la confession et de la sainte communion;

C’est la fuite des occasions dangereuses, des plaisirs coupables, des mauvais camarades et des mauvaises lectures.

Sans ces moyens, non, vous ne pouvez pas être bon. Avec ces moyens, non-seulement vous le pouvez, mais rien n’est plus doux et plus facile.

Combien de jeunes gens, d’hommes de tout âge et de toute condition, ont des passions plus violentes que vous, qui les domptent cependant, et en sont devenus les maîtres ! Plusieurs sont plus exposés que vous ne l’êtes, et ont plus d’obstacles de tout genre à surmonter. Ce qu’ils font, pourquoi ne pourriez-vous le faire ?

J’ai connu un vieux militaire qui avait l’habitude de jurer le nom de Dieu depuis son enfance. Il ne pouvait pas dire deux phrases sans jurer. Touché par une bonne exhortation, il se décida à remplir ses devoirs de chrétien. Il résolut énergiquement de vaincre son défaut ; et en quinze jours de temps, il en vint à bout. Chaque fois que le nom de Dieu lui échappait, il disait en son cœur : « Mon Dieu, pardonnez-moi ! que votre saint Nom soit béni ! » — Également, quand il entendait ses camarades commettre le même péché. — « Je suis obligé, me disait-il, de me tenir à quatre ; je me réprime plus de cinquante fois par jour. »

On a vu souvent des hommes travaillés de la terrible passion de l’ivrognerie, obtenir une victoire encore plus difficile, avec un courage semblable. Le célèbre général Cambronne, quand il était simple soldat, avait cette détestable habitude. Ivre un jour, il frappa un officier et fut condamné à mort. Son colonel qui l’aimait pour sa bravoure et sa loyauté, obtint sa grâce à condition qu’il ne boirait jamais plus de vin. — Vingt-cinq ans après, le caporal Cambronne était devenu le général Cambronne, et s’était immortalisé par son héroïque retraite de « Waterloo. Retiré dans sa famille, à Paris, il vivait tranquillement, aimé et estimé de tous. Son ancien colonel l’invite un jour à dîner, avec quelques vieux frères d’armes. La place d’honneur était pour Cambronne, à la droite du maître. On apporte un vin exquis, réservé pour les grandes occasions.

« Mon général, dit le vieux colonel, vous allez m’en dire des nouvelles ; » et il s’apprête à remplir le verre de Cambronne. Celui-ci refuse, — l’autre insiste ; Cambronne se fâche. « Mais, mon général, je vous assure qu’il est excellent !» — « Il s’agit bien de cela! dit vivement Cambronne. Il s’agit de mon honneur ! Et ma promesse, colonel, ma promesse de caporal, l’avez-vous donc oubliée?… Depuis ce jour pas une goutte de fin n’a touché mes lèvres. Ma parole et ma conscience valent mieux que votre vin ! »

Voilà de l’énergie ! Voilà des hommes !

Du courage donc ; c’est là ce qui manque. On EST CHRÉTIEN DÈS QU’ON LE VEUT.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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