Mgr de Ségur répond aux objections contre la Religion (47)

Mgr De SégurObjection : Je n’ai pas le temps.

Réponse : Avez-vous le temps de manger?

— Sans doute.

— Et pourquoi mangez-vous ?

— Quelle question ! Pour ne pas mourir. La nourriture est la vie du corps.

— Lequel vaut mieux, votre âme ou votre corps ?

 

— Quelle question encore! Mon âme, sans aucun doute.

— Eh ! faites donc alors pour votre âme au moins autant que pour votre corps! Vous trouvez, vous prenez le temps de faire vivre votre corps, et vous ne prenez pas celui de faire vivre votre âme !

Je voudrais bien voir que votre patron prétendît vous ôter le temps de manger ! Vous le laisseriez certainement là, lui et sa boutique, et vous diriez : Avant tout, il faut vivre.

Eh bien, je vous dis d’une manière bien plus pressante encore: Avant tout, même avant la vie de votre corps, avant tout, ne laissez pas mourir votre âme, qui est la principale partie de vous-même ; votre âme, qui fait de vous un homme ; car par le corps nous ne sommes qu’un animal ; c’est l’âme qui fait l’homme et le distingue de la bête.

La Religion vous donne la vie de votre âme, en l’unissant à Dieu, et vous dites: Je n’ai pas le temps de pratiquer la Religion ? Eh bien, prenez-le, ce temps nécessaire. Prenez-le, coûte que coûte, n’importe où, n’importe aux dépens de qui.

Personne au monde n’a le droit de vous en priver, ni votre patron, ni vos maîtres, ni votre père, ni votre mère ; personne, sans exception !

Le salut éternel de votre âme ne peut vous être enlevé par aucune créature, et si quelqu’un osait attenter au plus sacré de vos droits, ce serait le cas de pratiquer cette grande règle des Apôtres : Il vaut mieux Obéir à Dieu qu’aux hommes.

« Mais mon état, dites-vous, m’empêche de travailler à mon salut. »

Est-ce vrai ? Faites attention à la réponse ; car si vous me répondiez : Oui, après y avoir bien réfléchi, je vous dirais : Alors il faut le quitter et en prendre un autre.

La vie passe promptement, en effet ; mais l’éternité demeure, à quoi vous servirait de gagner tout le monde si vous veniez à perdre votre âme ?

Mais soyons francs. Est-il bien vrai que vous ne puissiez vous sauver, vivre chrétiennement dans votre état?

Est-ce votre état qui vous empêche de faire une petite prière matin et soir ? Est-ce votre état qui vous empêche d’élever de temps en temps votre cœur à Dieu dans la journée, de lui offrir vos prières, votre travail, vos privations ?

Ce n’est pas lui qui vous fait jurer, blasphémer le nom de Dieu, fréquenter les mauvais théâtres, les bals, les cabarets, les lieux de débauche. .. Le temps que vous passez ainsi serait cent fois suffisant pour faire de vous un bon chrétien, si vous l’employiez à travailler à votre salut.

Ce n’est pas non plus votre état qui vous empêche, le soir, après votre journée, aux approches des grandes fêtes, d’aller trouver un confesseur, d’aller recevoir, avec le pardon de vos péchés, des conseils et des encouragements pour mieux vivre à l’avenir.

En fait de conscience, voyez-vous bien, on a le temps de faire ce qu’on veut. Mais il faut le vouloir fortement, énergiquement, avec persévérance.

Ne dites donc plus: « Je n’ai pas le temps de vivre chrétiennement; » car vous vous tromperiez vous-même.

Dites, si vous le voulez : « Je n’ai pas autant de temps, autant de facilités que je le voudrais. » — Soit ; mais, après tout, c’est le cœur que Dieu demande et la bonne volonté ; et il n’est pas besoin de beaucoup de temps pour aimer le bon Dieu, éviter le péché, se repentir de ses fautes ; il ne faut pas beaucoup de temps pour faire ses prières de chaque jour ; il ne faut pas même beaucoup de temps pour aller à une messe basse, d’une petite demi-heure, le dimanche, et pour aller se confesser quatre ou cinq fois par an.

D’autres font tout cela et plus encore. J’en connais (qui ne passent jamais un mois sans recevoir les sacrements ; et ils n’en sont pas plus mauvais ouvriers. Comment font-ils? Ayez bonne volonté comme eux ; et, comme eux, vous vivrez en vrai chrétien; et, comme eux, vous irez en paradis au lieu d’aller en enfer.

Qui ne donne pas à Dieu son temps, Dieu lui refusera son éternité.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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