Mgr de Ségur répond aux objections contre la Religion (46)

Mgr De SégurObjection : Je n’ai que faire d’aller à la messe : je prie aussi bien le bon Dieu chez moi.

Réponse : Et le priez-vous bien fort chez vous ? Pardonnez-moi si je me trompe; mais je vous soupçonne un peu de ne le prier pas plus chez vous qu’à l’Église.

La question, voyez-vous, n’est pas de savoir si vous priez le bon Dieu aussi bien chez vous qu’à la Messe; mais de savoir si le bon Dieu veut que, le dimanche et les fêtes, vous le priez à la Messe et non chez vous.

 

Or, il le veut.

Vous vous souvenez que nous avons déjà causé de cela ensemble, et nous sommes convenus que les lois religieuses des Pasteurs de l’Église catholique étaient obligatoires en conscience, parce qu’ils portent ces lois par l’autorité même de Jésus-Christ. « Qui vous écoute, m’écoute; et qui vous méprise, me méprise. »

L’Église nous ordonnant d’assister à la Messe, les dimanches et les grandes fêtes, c’est désobéir à Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est désobéir à Dieu même, que de négliger d’y aller.

La raison qui a fait porter cette loi est très-importante; aussi la loi elle-même l’est-elle beaucoup. C’est la nécessité du culte public qu’il faut rendre à Dieu.

Nous ne vivons pas seulement individuellement, comme hommes, comme chrétiens; nous vivons encore comme société religieuse: et celte société, dont nous sommes les membres, établie par Dieu même, a envers lui des devoirs à remplir, aussi bien que chacun de nous en particulier.

Or, le culte public de la société (ou Église) chrétienne, c’est précisément l’assistance au Sacrifice de la Messe, qui nous réunit tous, en la présence de notre Dieu, dans son temple, à des jours fixés à cet effet, les uns par Dieu lui-même (1), les autres par Notre-Seigneur , les autres enfin par les Apôtres ou leurs successeurs.

Ne pas se joindre, à ces moments solennels, au reste de la famille chrétienne, c’est, en quelque sorte, renoncer à son titre de chrétien, d’enfant de Dieu, de disciple de Jésus-Christ, de membre de l’Église catholique.

Aussi est-ce un péché grave que de manquer à la Messe, le dimanche et les fêtes obligées, sans une nécessité véritable.

La gravité de cette négligence se comprend d’autant mieux que l’on connaît davantage la grandeur, la sainteté, l’excellence divine du Sacrifice de la Messe.

La MESSE est le centre de toute la Religion.

Elle est la continuation non sanglante, à travers les siècles et les générations, du sacrifice sanglant de Jésus-Christ.

Il n’y a aucune différence essentielle entre le sacrifice de la croix et le sacrifice de la Messe. C’est le même et unique sacrifice, offert sous une forme différente. — Le Prêtre est le même; c’est Jésus-Christ ; visible sur le Calvaire, invisible et caché dans le Prêtre, à l’autel. La victime est la même : Jésus-Christ; sanglant au Calvaire, non sanglant et voilé sous le Sacrement, à l’autel. Les différences ne sont que purement extérieures et apparentes ; le fond, le sacrifice est le même.

Par la parole mystérieuse et toute divine du Prêtre, ou plutôt de Jésus-Christ même qui parie par son ministre, le même miracle d’amour qui s’est opéré à la sainte Cène, le Jeudi-Saint, se renouvelle chaque jour sur nos autels. Le pain et le vin sont changés au corps et au sang de Jésus-Christ, et ne conservent plus que la simple apparence du pain et du vin ; de sorte qu’il n’y a plus sur l’autel, après la Consécration, que le corps et le sang de Jésus-Christ ; que Jésus-Christ vivant, résumant ainsi dans le Saint-Sacrement, tous les mystères de sa vie mortelle et de sa vie glorieuse.

Comprenez donc les grandeurs de votre foi et changez de langage.

Venez avec tous vos frères, venez à votre Sauveur ; c’est pour vous qu’il descend, qu’il s’immole dans ce grand mystère. Sans lui, vous ne pouvez sauver votre âme; et cependant vous le négligez, vous le dédaignez, vous lui préférez de futiles occupations, des niaiseries, des bagatelles!…

Croyez-moi, rentrez en vous-même. Remplissez un devoir aussi facile qu’il est grave et nécessaire.

Allez le dimanche aux pieds du bon Dieu, faire votre revue de la semaine passée et votre provision pour la semaine suivante. 6ieu vous bénira et vous serez heureux.

(1) C’est le bon Dieu qui a institué, dès l’origine du monde, le repos du septième jour, en souvenir perpétuel de la création et de l’éternité. Le dimanche est le jour du bon Dieu, le jour où il faut tous occuper de lui tout spécialement, et nous préparer à notre éternité, qui sera le repos éternel et L’étemel dimanche.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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