Mgr de Ségur répond aux objections contre la Religion (40)

Mgr De SégurObjection : A quoi sert la confession?

Réponse : D’abord, il faut qu’elle serve à quelque chose de bon, puisque c’est une institution divine, et que Dieu ne fait rien sans motif.

Mais, de plus, vous demandez à quoi sert la confession? Confessez-vous, et vous verrez à quoi cela sert.

 

 

Vous verrez que cela sert à devenir bon, de mauvais que l’on est ; vous verrez que cela sert à se corriger de ses vices et à avancer à grands pas dans les vertus les plus héroïques.

A quoi sert la confession ? Demandez-le à ce pauvre enfant que de honteuses habitudes dégradaient, et dont la flétrissure s’imprimait déjà sur son visage. . Le voici tout changé au physique comme au moral. Qu’a- t-il donc fait? Il s’est confessé, il se confesse… Auparavant il ne se confessait pas.

A quoi sert la confession? Demandez-le à cet ouvrier naguère si libertin, si passionné pour le cabaret ; actuellement si chaste, si sobre, si rangé, si travailleur, devenu en peu de temps le modèle de ses camarades !

Sa femme et ses enfants trouvent que la confession sert à quelque chose.

A quoi sert la confession? Demandez-le à cette pauvre femme , accablée de misère , chargée d’enfants, maltraitée par son mari… Elle a voulu plusieurs fois, la malheureuse, allé finir ses peines dans la rivière. . .

La pensée de Dieu et de ses enfants l’a retenue. Elle s’approche du confesseur… Je ne sais ce qu’il lui dit; mais voici qu’elle rentre chez elle la paix dans le cœur, presque la joie sur le visage. Elle porte doucement ses peines ; elle souffre sans rien dire les duretés de son mari… Celui-ci s’étonne du changement, puis il admire, puis il aime, puis il imite.

Comptez : un suicide de moins ; une mère conservée à six ou sept enfants ; un bon ménage et une famille vertueuse de plus.

Après cette pauvre femme, c’est un serviteur qui, depuis longues années, faisait des petits profits un peu hasardés, aux dépens de son maître. Un remords l’a troublé ; il va trouver le Prêtre. . . Si le maître a l’œil à ses affaires, il peut voir que la dépense diminue sans que le train de sa maison ait baissé. . . Et il reçoit un jour un billet de quatre ou cinq cents francs d’une main inconnue (1).

Comptez : un voleur de moins ; peut-être la flétrissure du bagne épargnée à une honorable famille ; un honnête serviteur de plus.

A quoi sert la confession? Demandez-le aux pauvres de telle commune. Le riche propriétaire du lieu les laissait dans leur misère ; il dépensait pour lui toute son immense fortune. . . Depuis quelque temps il se confesse. . . et le voici devenu le père des malheureux ; il va au-devant de leurs privations. . Ils trouvent, les pauvres gens, que la confession sert à quelque chose !

La confession, c’est l’égide de la persévérance et de la vertu. — C’est l’écorce, âpre et rude, je l’avoue, mais l’écorce protectrice qui conserve intact ce fruit merveilleux qui s’appelle la conscience.

C’est la confession qui rend, qui conserve la paix du cœur sans laquelle il n’y a pas de bonheur.

C’est elle qui prévient une foule de crimes et de malheurs.

C’est elle qui relève le pauvre pécheur que sa faiblesse a séparé de Dieu ! C’est elle surtout qui console le mourant prêt à paraître devant son Dieu et son juge(2)!

Quel changement vous verriez en France si tout le monde se confessait, sincèrement et sérieusement comme on doit le faire !

Les lois et les gendarmes n’auraient plus guère à s’exercer. Il y aurait dans cette seule loi de l’Église : « Tous tes péchés confesseras, à tout le moins une fois l’an, » de quoi régénérer la France, et arrêter toutes ses révolutions.

Jugez donc de l’arbre par ses fruits.

Il en est de la confession comme de toute la Religion; elle n’a pour ennemis que l’ignorance, les préjugés et les passions.

(1) Jean-Jacques Rousseau, malgré ses haines religieuses, reconnaît lui-même l’utilité de la confession : « Que de restitutions, dit-il dans son Emile, que de réparations la Confession ne fait-elle pas faire chez les catholiques! » — Un Prêtre remit un jour à un ministre protestant, habitué à tourner en dérision la confession et la communion catholiques, une somme considérable qui lui avait été dérobée. Cet argument très-sensible fît impression sur le cœur du ministre. « Il faut avouer, a-t-il répété depuis, que la confession est une bien bonne chose ! »

(2) M. Tissot, célèbre médecin genevois, protestant comme presque tous les habitants de cette malheureuse Génève, citait avec admiration la guérison inespérée d’une dame catholique mourante, opérée par la confession. Cette dame se trouva dans un tel calme, dans une joie si profonde, après qu’elle eut reçu les Sacrements de l’Église, que sa santé s’en ressentit presque aussitôt. La fièvre baissa, les symptômes alarmants disparurent et la malade guérit. « Quelle est donc, s’écriait M. Tissot, la puissance de la confession chez les catholiques l »
Un autre médecin protestant, M. Badel, fait le même aveu. Il prouve par des exemples multipliés que la confession est utile, non-seulement aux individus, mais à la société entière, et qu’elle mérite de fixer l’attention de quiconque cherche le bien-être de l’espèce humaine. »

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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