Mgr de Ségur répond aux objections contre la Religion (31)

Mgr De SégurObjection : Ce n’est pas ce qui entre dans le corps qui souille l’âme. Dieu ne me damnera pas pour un morceau de viande. La viande n’est pas plus mauvaise le vendredi et le samedi* que les autres jours.

Réponse : Vous avez tout à fait raison : ce n’est pas la viande qui damne ; la viande n’est pas plus mauvaise un jour que l’autre. Ce qui damne, c’est la désobéissance, qui fait manger la viande.

 

 

Ce qui est mauvais le vendredi et le samedi*, c’est la violation d’une loi qui n’existe pas pour les autres jours; c’est la révolte contre l’autorité légitime des Pasteurs, à qui nous devons tous obéir comme à celui même qui les envoie : « Allez, c’est moi qui vous envoie. Qui vous écoute, m’écoute; qui vous méprise, me méprise. »

Il ne s’agit donc pas de viande, ni de jours, ni d’estomac; il s’agit du cœur qui pèche en refusant de se soumettre à un commandement obligatoire et facile.

Outre le grand et général motif d’observer toutes les lois de l’Église, nous pouvons ajouter que ces lois ne sont pas faites au hasard, par caprice, mais qu’elles portent sur de sages et très-importantes raisons.

Ainsi la loi de l’abstinence, dont l’application revient toutes les semaines, est destinée à rappeler incessamment au souvenir des chrétiens la Passion, les souffrances, la mort de leur Sauveur, ainsi que la nécessité de la pénitence; elle est la pratique publique de la pénitence des chrétiens, etc.

Il n’y a qu’un homme superficiel ou ignorant qui puisse regarder cette institution comme inutile. On ne peut croire, dans la pratique, combien cette seule observation du maigre le vendredi et le samedi empêche l’âme de sortir des idées religieuses.

Les lois de l’Église, tout en obligeant sous peine de péché, sont loin d’être dures et tyranniques. L’Église est une mère, et non une maîtresse impérieuse. Il suffit que, pour un motif grave et légitime, vous ne puissiez faire maigre, pour que vous en soyez par là même dispensé. L’Église veut vous faire du bien, non du mal. Elle veut vous faire expier vos péchés, non vous rendre malade. La maladie, la faiblesse du tempérament, la fatigue d’un rude travail habituel, l’extrême pauvreté, la grande difficulté de se procurer des aliments maigres, sont des motifs qui dispensent du maigre.

Pour ne pas se faire illusion, il est bon cependant de consulter auparavant le curé ou le confesseur, interprètes de la loi.

Cette observation, qui s’étend à toutes les lois de l’Église, montre combien sage et modérée est l’autorité qui les porte. Respectons-la donc du fond de notre cœur ; laissons rire ceux qui n’y entendent rien, et accomplissons sans murmurer des commandements si simples, si sages et si utiles à nos âmes.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

* ndlr : le samedi n’est plus de vigueur, l’obligation n’existe plus, et ne concernait pas les laïcs : il concernait auparavant certains tiers ordres, certains le pratiquent pour la dévotion envers la Très Sainte Vierge. Cher lecteur, vous ne pêchez pas si vous mangez normalement le samedi.

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