Mgr de Ségur répond aux objections contre la religion (29)

Mgr De SégurObjection : Dieu est trop bon pour me damner.

Réponse : Aussi n’est-ce pas Dieu qui vous damne, c’est vous-même.

Dieu n’est pas plus la cause de l’enfer qu’il n’est la cause du péché qui produit l’enfer.

 « Pourquoi donc permet-il le péché ? »


Parce que, vous ayant donné le plus magnifique de tous les dons, celui de l’intelligence, qui vous rend semblable à lui, et vous ayant préparé un bonheur éternel, il ne convenait pas qu’il vous traitât comme la brute, qui n’a pas d’intelligence et qui n’est faite que pour la terre.

Il ne convenait pas que vous fussiez contraint de recevoir les dons de Dieu ; il fallait que vous employassiez votre intelligence à accepter librement et à acquérir vous-même le trésor d’une éternité de béatitude.

Voilà pourquoi Dieu nous a donné, avec l’intelligence, la liberté morale, c’est-à-dire la faculté de choisir à notre gré le bien ou le mal, de suivre ou de ne pas suivre la voix de notre bon Père qui nous appelle à lui.

Cette liberté est la plus grande marque d’honneur et d’amour que nous puissions recevoir de Dieu.

Si nous en abusons, la faute en est toute à nous, non à lui.

Si je vous donne une arme pour défendre votre vie, n’est-ce pas là une marque d’amour de ma part ? Et si, contre ma volonté, malgré les avertissements et les leçons que je vous ai donnés pour vous en bien servir, vous tournez cette arme contre vous-même, serai-je cause de votre blessure ? N’est-ce pas à vous seul qu’il faudra l’imputer ?

Ainsi fait pour nous le bon Dieu. Il nous donne la liberté de faire le bien ou le mal ; mais il ne néglige rien pour nous faire choisir le bien. Instructions, avertissements, tendres invitations, terribles menaces, il n’épargne rien. Il nous comble de ses grâces, il nous environne de secours; — mais il ne nous force pas : ce serait détruire son ouvrage.

Il respecte en nous les dons qu’il y a mis.

C’est donc le réprouvé qui se perd; ce n’est pas Dieu qui le damne, c’est lui-même qui se damne. Dieu ne fait que donner à chacun ce qu’il a choisi librement, la vie ou la mort; le paradis, fruit de la vertu; ou l’enfer, fruit du péché.

 Il y a deux chemins ouverts devant nous en cette vie, celui de la vertu et celui du vice. Le second est quelquefois plus doux, plus séduisant que le premier, surtout dans les commencements ; mais l’un mène à l’enfer, où la douceur se change en amertume; l’autre en paradis, où le travail se change en un ineffable repos.

Pour aller au paradis, il faut prendre le chemin du paradis ; c’est tout simple. Le prêtre catholique est le guide charitable qui, de la part de Dieu, montre à tous ce chemin. Combien, hélas ! ferment leurs oreilles à sa voix ! Combien se perdent pour n’avoir point suivi ces indications !

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur –  ESR.

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