Mgr de Ségur répond aux objections contre la Religion (25)

Mgr De SégurObjection : Les Prêtres sont des hommes comme les autres ; le Pape et les Évêques sont des hommes : comment des hommes peuvent-ils être infaillibles ? Je veux bien obéir à Dieu, mais non pas à des hommes comme moi.

Réponse : C’est comme si un soldat disait : « Je veux bien obéir au roi; mais je n’obéirai ni à mon général, ni à mon colonel, ni à mon capitaine ; car ils sont sujets du roi tout comme moi. »

Auriez-vous beaucoup de peine à lui répondre ?

Ma tâche ici n’est pas plus difficile.

L’Église, il est vrai, est composée d’hommes; le Pape, les évêques, les prêtres sont des hommes.

Mais ce sont des hommes que Jésus -Christ même a revêtus de la puissance spirituelle et de l’autorité divine.

Et à cause de cela, ce ne sont point des hommes comme tes autres.

Les apôtres, qui furent les premiers évêques de l’Église, ont été envoyés aux hommes par Notre-Seigneur Jésus-Christ comme d’autres lui-même. Leur obéir, ce n’est pas obéir à des hommes, mais à Dieu, à Jésus-Christ. Leur désobéir, mépriser leurs lois, c’est désobéir à Dieu, mépriser Jésus-Christ. « Qui vous méprise, me méprise. »

Ce n’est pas à l’homme que je me soumets, c’est à Dieu, qui exerce par lui son autorité sur moi.

La seule différence entre les Commandements de Dieu et les Commandements de l’Église, c’est donc que les premiers nous sont adressés directement par le Seigneur, et les seconds indirectement, par ses envoyés; mais c’est toujours Dieu seul qui commande.

Ce n’est pas non plus, à proprement parler, l’homme qui est infaillible dans le Pape, c’est Jésus-Christ, c’est Dieu qui le revêt de sa vérité pour qu’il ne puisse enseigner l’erreur aux peuples chrétiens (1).

Aussi, en matière d’obéissance religieuse, ne faut-il pas faire attention aux qualités personnelles du Pape, ou de l’évêque, ou du prêtre qui nous administre les choses saintes, mais seulement à son autorité légitime, à son caractère de Pape, ou d’évêque, ou de prêtre.

C’est la raison pour laquelle les défauts, quelquefois mêmes les vices d’un prêtre (ce qui, Dieu merci, est rare) , ne doivent point diminuer en nos cœurs le respect, la foi, l’amour de la Religion.

Ces faiblesses sont le fait de l’homme et non du prêtre. Elles ne peuvent atteindre le sacerdoce divin dont il est revêtu. Le crime de Judas a-t-il souillé son ministère ?

C’est encore la raison pour laquelle la Messe, l’absolution, etc., d’un mauvais prêtre sont aussi valides que la Messe, que l’absolution, etc. d’un prêtre fidèle. La consécration a lieu par les paroles de l’un comme par celles de l’autre ; les péchés sont remis par celui-ci comme par celui-là; parce que ces actions sont le fait du prêtre et non de l’homme, et que les péchés d’un prêtre ne lui enlèvent pas le caractère indélébile du sacerdoce.

Le prêtre prévaricateur est bien coupable; mais son sacerdoce reste toujours le même ; c’est celui de Jésus-Christ, que rien ne peut altérer ni détruire.

(1) Il est bon d’ajouter ici que l’Église n’est infaillible que pour les choses de la Religion, telles que la définition des articles de foi, la règle des mœurs, la discipline générale, la liturgie, la canonisation des saints, etc.

Notre-Seigneur Jésus-Christ l’assiste en toutes ces choses, et l’empêche toujours de rien statuer contre la vérité ou contre le bien spirituel du peuple chrétien.

En cela seulement elle est infaillible.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur – Chap. 25, ESR.

Publicités