Mgr de Ségur répond aux objections contre la religion (22)

Mgr De SégurObjection : L’Église catholique a fait son temps.

Réponse : Voilà dix-neuf cents ans bientôt qu’elle existe, et en voilà à peu près autant qu’on dit cela d’elle.

Chaque siècle, chaque impie, chaque inventeur de secte ou d’hérésie se croit enfin arrivé à ce jour fameux de l’enterrement de l’Église catholique ; chacun d’eux se croit destiné à entonner le De profundis de la Papauté, du Sacerdoce catholique, de la Messe et de toutes les antiques croyances de l’Église…, et néanmoins CELA NE VIENT PAS.

 

Ainsi, dans le premier siècle du christianisme, un proconsul de l’empereur Trajan lui écrivait : « Avant peu de temps, grâce à la persécution, cette secte sera étouffée, et on n’entendra plus parler de ce Dieu crucifié.… »

 Et Trajan est mort, et le Dieu crucifié règne toujours dans le monde !

 Ainsi, trois siècles plus tard, Julien l’Apostat se vantait de « préparer le cercueil du Galiléen , » c’est-à-dire d’anéantir sa Religion et son Église….

 Et Julien est mort, et le Galiléen et son Église vivent encore !

 Ainsi, au XVIè siècle, Luther, ce moine révolutionnaire qui fit de l’orgueil et de la révolte une religion, parlait de la Papauté comme d’une vieillerie qui allait finir: « O Pape, disait-il, ô Pape ! J’étais une peste pour toi pendant ma vie: après ma mort, je serai ta destruction !…»

Et Luther est mort, et son protestantisme se dissout de toutes part ! Et la Papauté demeure toujours plus vivante, plus florissante, plus vénérée que jamais !

 C’est encore ainsi que Voltaire, l’ennemi personnel de Jésus-Christ, Voltaire, qui signait ses lettres : « Voltaire Christ-moque, » ou « Écrasons l’infâme » (c’est-à-dire, Jésus-Christ et son Église) ; c’est ainsi, dis-je, que Voltaire écrivait à un de ses amis : « Je suis las d’entendre dire qu’il a suffi de douze hommes pour fonder la Religion catholique; je veux faire voir qu’il suffit d’un seul pour la détruire. » — « Dans vingt ans, écrivait-il a un autre, le Galiléen aura beau jeu ! »

Et, vingt ans après, jour pour jour, Voltaire mourait dans un désespoir de damné, appelant un prêtre que ses amis les philosophes empêchaient de parvenir jusqu’à lui…

Et l’Église vit toujours, traversant les âges, brisant sur son paisible passage tous ceux qui la veulent briser.

Il en sera de même de nos grands systèmes modernes philosophiques et sociaux, qui se posent modestement en réformateurs de la Religion de Jésus-Christ, en remplaçants de l’Église catholique.

Moins redoutables encore que leurs devanciers, ces pauvres gens ne se doutent seulement pas de leur faiblesse ! Ils croient faire du nouveau, tandis qu’ils ne font que réchauffer le vieux thème des Voltaire, des Calvin, des Luther, des Arius, etc., etc., etc.

Ont-ils donc oublié la parole du Sauveur au premier Pape et aux premiers évoques : « Allez , enseignez tous les peuples ; MOI-MÊME je suis avec vous tous les jours JUSQU’À LA CONSOMMATION DES SIÈCLES ? »

Ont-ils oublié ce qu’il a dit au prince des Apôtres : « Tu es Pierre, et sur toi 3 pierre, je bâtirai mon Église , ET LES PUISSANCES DE L’ENFER NE PRÉVAUDRONT POINT CONTRE ELLE ? »

Ce que Dieu a fondé, croient-ils pouvoir le détruire ?

Non, l’Église catholique n’a pas « fait son temps » ; Elle n’aura fait son temps que lorsque le monde aura fait le sien.

L’Église ne craint rien ; elle sait quel est le principe divin de sa force, de sa vie. Et elle enterrera ses adversaires présents, plus aisément, plus paisiblement encore qu’elle n’a enterré leurs prédécesseurs.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur – Chap. 22, ESR.

Publicités