Mgr de Ségur répond aux objections contre la religion (21)

Mgr De SégurObjection : Un honnête homme ne doit pas changer de religion. Il faut rester dans la religion où l’on est né.

Réponse : Oui, quand on est né dans la vraie religion qui est la Religion catholique.

Mais quand on n’a point eu le bonheur de naître catholique, et que l’on vient à découvrir la véritable foi, non-seulement il est permis, mais il est absolument nécessaire, sous peine de péché grave, de quitter la secte protestante (ou autre) où l’on a été élevé.

Ce n’est point-là apostasier. Un apostat est celui qui abandonne la vérité pour l’erreur.

Abandonner l’erreur pour rentrer dans la vérité, c’est accomplir la volonté de Dieu ; c’est faire un acte souverainement raisonnable, légitime, loyal ; c’est agir selon sa conscience, c’est remplir le plus sacré des devoirs.

C’est, en outre, faire un acte de vertu héroïque. — Car celui qui se convertit a presque toujours à braver un terrible orage, les reproches, les mépris, les insultes, les larmes, les supplications de sa famille, de ses amis, de ses coreligionnaires, surtout des ministres, dépités de cette désertion.

Il doit se souvenir alors de la grande parole du Sauveur : « Je ne suis point venu apporter la paix, MAIS LA GUERRE ! Je suis venu séparer le fils d’avec son père, la fille d’avec sa mère…» Car souvent les plus redoutables ennemis de l’homme sont les membres de sa famille.

« Quiconque aime son père et sa mère, son fils ou sa fille, plus que moi, n’est PAS DIGNE DE MOI

« Et celui qui ne porte point sa croix et ne me suit point, n’est pas digne de moi.»

« Vous serez haïs de tous a cause de moi. Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui- là SEULEMENT SERA SAUVÉ. » (St. Matth. , chap. X. )

Une célèbre protestante, madame de Staël, dans une discussion religieuse qu’elle avait provoquée sur cette question du changement de religion, s’avisa de recourir à cette défense banale : « Je veux vivre et mourir dans la religion de mes pères. — Et moi, madame, dans la religion de mes grands-pères, » répartit son spirituel interlocuteur.

Chacun connaît le motif de souverain bon sens qui a décidé Henri IV, protestant, à se faire catholique. Il assistait à une conférence entre des docteurs catholiques et des ministres protestants. — « Puis-je me sauver dans l’Église catholique? » demanda-t-il aux ministres, quand la discussion fut close. — « Oui, Sire, répondirent-ils; mais vous vous sauverez plus facilement en restant dans la Réforme. » — « Et vous, Messieurs, dit le Roi aux docteurs catholiques, qu’en pensez-vous? » — « Nous pensons, Sire, et nous vous déclarons qu’ayant connu l’Église véritable vous êtes obligé d’y entrer, et qu’il n’y a plus de salut pour votre âme dans le protestantisme. » — « Je vais donc au plus sûr, conclut le Roi en se levant; puisque tout le monde est d’accord que je puis me sauver en étant catholique, je me fais catholique. »

Et il abjura son erreur.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur – Chap. 21, ESR.

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