Mgr de Ségur répond aux objections contre la religion (19)

Mgr De SégurObjection : C’est bien mieux d’être protestant que catholique ; on est toujours chrétien et c’est presque la même chose.

Réponse : Oui, presque; comme la fausse monnaie est presque la même chose que la vraie. La seule différence, c’est que l’une est vraie et l’autre est fausse.

I / Catholique et Protestant, « presque la même chose !» — Mais vous ne connaissez donc ni l’un ni l’autre?

Là où l’Église Catholique affirme, le Protestant nie.

Le Catholique a pour règle de sa foi l’enseignement infaillible de l’Église. — Le Protestant rejette l’Église, méprise son autorité, et ne connaît que la Bible, qu’il interprète comme il peut et comme il veut.

Le Catholique puise la vie chrétienne dans les sept sacrements de l’Église, et l’entretient principalement par la réception des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. — Le Protestant ne reconnaît pas ces sacrements; il ne conserve que le baptême, et encore en altère-t-il la notion.

Le Catholique adore dans l’Eucharistie Jésus-Christ qui y est réellement présent. — Le Protestant n’y voit qu’un symbole vide, un fragment de pain.

Le Catholique vénère, invoque, aime la Bienheureuse Vierge Marie, Mère du Dieu fait homme. — Le Protestant a pour Elle un éloignement invincible qui va souvent jusqu’au mépris, jusqu’à l’aversion.

Le Catholique vénère dans le Pape, le Vicaire de Jésus-Christ, le Chef des fidèles, leur Pasteur suprême et le Docteur infaillible de la loi de Dieu. — Le Protestant ne voit en lui que l’Antéchrist, le vicaire de Satan et l’ennemi de la Vérité, etc., etc. , etc.

Le Protestantisme est au Catholicisme ce que non est à oui, et cela, dans les points fondamentaux de la Religion. — Sauf cette discordance, c’est absolument la même chose.

II/ « II vaut mieux, disiez-vous, être Protestant que Catholique. » Non. Cela seul est mieux, ou plutôt cela seul est bon, qui est vrai. Le reste ne vaut rien.

Partez de ce principe évident : II n’y a pas de milieu entre la vérité et l’erreur. Ce qui n’est pas vrai est faux, et ce qui n’est pas faux est vrai.

En religion, ce principe est encore plus important qu’en toute autre matière. — Il n’y a qu’une vraie religion ; nous l’avons vu : c’est la Religion de Jésus-Christ, qui embrasse tous les siècles, tous les peuples, tous les hommes, et qui, pour cette raison, a toujours été appelée catholique ou universelle.

Les sectes protestantes ne sont pas cette religion une et catholique de Jésus-Christ ; le nom seul l’indique ; donc elles ne sont pas la vraie religion ; donc elles sont une erreur, une corruption du Christianisme.

Cela seul suffirait déjà. Mais examinons et allons plus loin.

III/ Jésus-Christ, fondateur du Christianisme, en est le seul Maître. Personne ne l’a jamais nié.

Nul homme donc n’a le droit d’enseigner, de prêcher cette religion, s’il n’en est chargé par Jésus-Christ.

Si je venais vous dire: « Mon ami, vous êtes chrétien ? La Religion chrétienne vous enseigne telle et telle doctrine, vous impose tel ou tel devoir. Eh bien ! Moi, je viens réformer tout cela. Au lieu de croire comme par le passé, croyez ce que je vous enseigne; je vous débarrasse de tel et tel de vos devoirs qui est gênant ; je vous permets ce que votre religion vous défend, etc. »

Vous me répondriez bien certainement : « Mais qui êtes-vous, pour agir de la sorte ? Ma Religion n’a qu’un Maître, Jésus-Christ. Est-ce lui qui vous a envoyé ? Quand et comment, vous a-t-il envoyé ? Prouvez-moi votre mission divine ? »

 Eh bien, quand M. Châtel, Michel Yintras et compagnie, de nos jours; quand Luther, Calvin, Zwingle, Henri VIII, etc. , il y a trois cents ans, se sont posés en réformateurs de la Religion chrétienne, cette difficulté du plus simple bon sens pouvait les arrêter dès le premier pas.

 Beaucoup leur ont posé la question ; ils n’ont pu rien répondre (1) ; et les mauvaises passions seules ont accepté leur religion nouvelle. Il n’y a donc que ceux qui en ont été chargés par Jésus-Christ qui aient le droit d’enseigner sa Religion. Mais ces envoyés, ces docteurs légitimes, seuls légitimes de la Religion, ces Pasteurs légitimes du peuple chrétien, qui sont-ils ? Comment les reconnaître ? — Au moyen de deux observations bien simples.

 Luther, lui, se mettait en fureur quand on lui demandait la preuve de sa mission. Et il répondait en appelant l’indiscret questionneur : chic, porc, chien, turc endiablé, etc.

La première est un grand fait historique, tellement évident, que les protestants de bonne foi ne pensent pas même à le nier, savoir : que le Pape, Évêque actuel de Rome, est le Chef de la Religion catholique, et remonte, par une succession non interrompue de Pontifes, jusqu’à l’apôtre saint Pierre; que, de tout temps, les Évêques catholiques ont été regardés comme les successeurs des Apôtres.

La seconde est l’explication de ce fait par la simple lecture des passages de l’Évangile où Notre-Seigneur Jésus-Christ donne à ses Apôtres et à eux seuls la mission sacrée de prêcher sa Religion à tous les hommes, et choisit entre les Apôtres eux-mêmes saint Pierre, pour être le Chef de toute l’Église, le lien d’unité des Pasteurs et des fidèles, le fondement immuable de l’édifice vivant qu’il doit élever.

 Quoi de plus clair, je le demande, quoi de plus solennel que cette Mission pastorale et doctorale des Apôtres ? — « Recevez le Saint-Esprit, leur dit le Fils de Dieu ; de même que mon père m’a envoyé, MOI JE VOUS ENVOIE. ALLEZ DONC; ENSEIGNEZ TOUTES LES NATIONS ; baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Prêchez l’Évangile à toute créature. Voici QUE moi-même je SUIS AVEC VOUS JUSQU’À LA FIN DU MONDE. CELUI QUI VOUS ÉCOUTE M’ÉCOUTE; CELUI QUI VOUS MÉPRISE ME MÉPRISE (2). »

Et cette autre parole du Seigneur à saint Pierre ne porte-t-elle point avec elle son évidence ?

 « Tu es Pierre; ET SUR CETTE PIERRE JE BÂTIRAI MON ÉGLISE ; et les puissances de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. C’EST A TOI QUE JE DONNERAI LES CLEFS DU ROYAUME DES CIEUX, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux (3). » Par-là, ainsi que l’ont entendu tous les siècles chrétiens, saint Pierre est établi par Jésus-Christ, Chef, Fondement immuable, Docteur infaillible, Pasteur de toute son Église, de tous ses disciples.

 Il n’y a presque pas besoin de raisonner sur ces paroles, tant elles sont claires.

 1° Il y a une Église chrétienne, puisque Jésus-Christ dit : Mon Église.

 2° Il n’y en a qu’une seule; car il ne dit pas: Mes Églises, mais MON Église.

 3° Et entre toutes celles qui se disent cette unique Église, laquelle est la vraie, la seule vraie ? Celle qui est fondée sur saint Pierre, gouvernée par saint Pierre, enseignée par saint Pierre toujours vivant dans son Successeur; donc, l’Église catholique romaine, dont le Pape, successeur de saint Pierre, est le Pontife et le Chef.

 Quoi de plus simple que ce raisonnement ? Il m’a suffi pour convaincre un protestant (qui s’est fait catholique le jour même) et une dame russe schismatique.

 Sur le point de monter au ciel, le Sauveur insista de nouveau, et confirma ce qu’il avait donné à saint Pierre, en lui disant: « Sois le Pasteur de mes agneaux; sois le Pasteur- de mes brebis. » (St. Jean, chap. dernier.)

 C’est donc au Pape et aux Évêques, Pasteurs actuels de l’Église catholique, qui seuls remontent par une succession non interrompue jusqu’à saint Pierre, Chef des Apôtres, et jusqu’aux Apôtres, que s’adressent ces grandes promesses de Jésus-Christ ; c’est à eux, et à eux seuls, qu’est confiée la mission d’enseigner, de prêcher, de conserver la Religion; ce sont eux, et eux seuls, qui sont les pasteurs légitimes du peuple chrétien. Avec eux, et avec eux seuls, Jésus-Christ demeure jusqu’à la fin des siècles, pour les garder de toute erreur dans l’enseignement, et de tout vice dans la sanctification des âmes (4).

C’est donc en leur étant soumis et en écoutant leur enseignement que je suis assuré de connaître et de pratiquer la vraie Religion chrétienne.

Et remarquez ici les avantages immenses de cette voie d’autorité divine, claire et infaillible, que nous présente l’Église catholique. — Comme il est facile à un catholique de connaître, avec une certitude absolue, ce qu’il doit croire, ce qu’il doit éviter pour être chrétien! il n’a qu’à écouter son curé, envoyé par son Évêque, uni lui-même au Pape, qui est le Vicaire de Jésus -Christ, son remplaçant visible, par qui il enseigne, par qui il décide souverainement ce qu’il faut croire, faire et éviter.

Comme c’est beau et comme c’est simple! Aussi, voyez quelle parfaite unité découle de cette autorité ! Partout la même foi, la même doctrine; à Rome, à Paris, en Chine, en Amérique, en Asie, en Afrique, partout le même enseignement religieux véritable, celui du Vicaire de Jésus-Christ lui-même! Partout le même Sacerdoce, celui dont le Pape est le chef visible, et Jésus-Christ le chef invisible ! Partout le même Sacrifice, le même culte, les mêmes sacrements, les mêmes moyens de sanctification et de salut !

Unité d’autant plus belle, d’autant plus surhumaine, que la société chrétienne gouvernée par le Pape (et elle seule) s’étend sur toute la terre.

Partout il y a des catholiques. Leur nom seul l’indique (c’est la remarque que faisait déjà saint Augustin, il y a quinze cents ans) : catholique veut dire universel. L’Église catholique embrasse tous les temps, tous les pays, tous les peuples. Et le jugement dernier arrivera, ainsi que Notre-Seigneur Jésus-Christ l’a annoncé, quand l’Église catholique aura prêché l’Évangile à tous les peuples de la terre.

Partout où elle pénètre, l’Église catholique répand la sainteté chrétienne. Elle produit partout et toujours la perfection la plus sublime dans ceux qui sont dociles à ses enseignements. Elle est la mère des saints. Elle n’a cessé d’en enfanter depuis dix-neuf siècles, et de voir Jésus-Christ, son Dieu et son fondateur, confirmer par des miracles la sainteté de ses serviteurs.

IV/ Le Protestantisme, au contraire (comme son nom seul le fait déjà soupçonner), est une désorganisation de tout cet ordre, sous le prétexte de réforme. Il y a de la révolte dans ce nom.

Divisé en mille petites sectes qui s’anathématisent les unes les autres, et qui ne s’accordent que dans leur haine contre l’antique Église : luthériens, calvinistes, zwingliens , sacramentaires , anabaptistes , pédobaptistes, herrnhuthers, évangéliques, anglicans, quakers, piétistes, méthodistes, trembleurs, plongeurs, etc. , etc.(on en compte plus de deux cents), le protestantisme est une anarchie religieuse.

Il a attaqué le Christianisme jusque dans son essence et dans sa constitution. Il a rejeté la règle fondamentale de la foi, qui est l’enseignement infaillible et l’autorité divine du Pape et des Évêques, seuls pasteurs, seuls docteurs légitimes. — Et ainsi, tout en parlant bien haut de la foi, il a anéanti la foi, c’est- à-dire la soumission de l’esprit et du cœur à l’enseignement divin. Le protestant, en effet, ne croit qu’à sa propre interprétation de la parole de Dieu ; il se fait juge des controverses, à la place de ceux que Jésus- Christ a établis juges; il croit à sa raison, non à la parole de Dieu qu’il lit dans sa Bible ; il n’a plus de croyances, il n’a plus que des opinions, variables comme lui-même, et il ne croit plus qu’à ses opinions.

Aussi y a-t-il autant de religions que de têtes chez les protestants. Et même, chaque tête en peut changer tous les jours. Je connais une famille protestante très-honorable, composée de quatre personnes, où chacune a une religion différente ! ! !..

Pour cette même raison, le protestantisme flotte à tout vent de doctrine, varie chaque année, chaque jour, dans le symbole de sa foi. — Il rejette aujourd’hui ce qu’il enseignait hier; il n’a ni unité, ni antiquité, ni universalité, ni stabilité.

Je défie à un protestant de me dire nettement ce qui est la vérité, et ce que tout le monde doit croire, sous peine de n’être point dans la vérité chrétienne.

«Tu varies, disait jadis Tertullien à Montan; donc tu erres. »

V/ Le protestantisme produit des vertus, parce qu’il a conservé des débris de la vérité au milieu de ses destructions ; mais ces vertus se ressentent du mélange.

Elles sont presque toujours froides et orgueilleuses comme celles des pharisiens. — Elles existent malgré le protestantisme. En réalité, elles sont catholiques; elles appartiennent à l’Église. Plus les protestants sont protestants, moins ils ont de vertus chrétiennes ; plus ils se rapprochent de nous, plus leurs vertus sont réelles et vivantes. On a dit avec justesse, de l’Angleterre protestante, qu’elle était, entre les autres sectes, « la moins difforme, parce qu’elle était la moins réformée (5). »

Le protestantisme rejette tout ce qui est consolant, tendre, affectueux dans la Religion : la sainte présence de Jésus-Christ dans le Sacrement de son amour ; le tribunal de la miséricorde et du pardon ; l’amour et l’invocation de la Bienheureuse Vierge Marie, cette douce Mère du Sauveur qu’il nous a donnée pour Mère au moment suprême de sa mort ; l’invocation des Saints, nos frères aînés, nos amis, déjà entrés dans la patrie où ils nous appellent et nous attendent, etc.

Il n’a point de culte religieux ; car on ne peut donner ce nom à ce qui se passe dans la grande chambre nue qu’on appelle le temple.

Y êtes-vous jamais entré ? On croit, à la première vue, ces assemblées pleines de l’esprit religieux. — Qu’on y regarde de près: il n’y a point-là de véritable présence du bon Dieu ; on n’y sent point surtout son amour…. Il faut se rappeler que les pharisiens étaient jadis plus réguliers que les autres dans le temple !…

Le vice fondamental du protestantisme, c’est la révolte, c’est l’orgueil. Aussi est-il stérile en saints. Jamais il n’a fait une vraie sœur de charité, c’est-à-dire une humble et affectueuse servante de Dieu et de ses pauvres. Son zèle est fanatique; ses adeptes fervents sont des illuminés, des mystiques vagues, qui se croient remplis de l’Esprit-Saint et à qui ce prétendu Esprit révèle souvent de bien étranges choses !

Ses missionnaires sont des marchands de bibles. . . Comparez-les donc aux apôtres ou à nos missionnaires catholiques, héritiers du zèle, de la charité, des souffrances des apôtres, comme ils le sont de leur foi!

Quelle différence !

Ses ministres prêchent sans mission. Ce sont des messieurs, habillés de noir, et prêchant une morale anodine qui se résume en ceci : « Lisez la Bible, et faites ce que vous voudrez, — pourvu toutefois que vous ne vous fassiez pas catholiques. »

De quel droit enseignent-ils les autres ? Ils avouent eux-mêmes qu’ils ne sont pas plus qu’eux, vu que tous les chrétiens sont prêtres, et, selon un grand nombre, toutes les chrétiennes aussi… De quel droit viennent-ils interpréter la parole de Dieu à leurs frères? Sont-ils infaillibles? Puisque toute la religion chrétienne est dans la lecture de la Bible, pourquoi viennent-ils y mêler leur parole humaine ?

Ces hommes mariés ne sont plus les hommes de Dieu, les époux de l’Église, les hommes du dévouement, du sacrifice, de la charité, de la chasteté, de la perfection. . .

VI/ Ainsi, — pour nous résumer, — opposées à la parole expresse de Jésus-Christ ; opposées à la tradition historique de tous les siècles passés ; opposées à l’idée de fixité, d’unité, de perfection, inséparable de l’œuvre d’un Dieu, — les sectes protestantes, nées, les plus anciennes , il y a trois cents ans à peine, les plus nouvelles fabriquées, revues, augmentées et replâtrées sous nos yeux, dans notre siècle, ne sont pas, ne peuvent pas être la société ou Église une, sainte, universelle, des vrais disciples de Jésus-Christ, établie et constituée, il y a dix-huit cents ans , par les apôtres de ce divin Maître.

Je pourrais ajouter d’autres preuves; montrer l’impossibilité absolue de prouver l’inspiration divine de l’Écriture sainte, et spécialement de l’Évangile, sans l’infaillible autorité de l’Église ; — les absurdités que les protestants sont obligés de dévorer lorsqu’ils sont logiques et lorsqu’ils veulent demeurer fidèles à leurs principes; — la liaison intime et logique qui existe entre les principes protestants et les doctrines anarchiques des révolutionnaires, etc. Ce que nous avons dit suffit grandement (6).

Donc, pour être chrétien, il ne suffit pas de croire que Jésus-Christ est Dieu, mais il faut, en outre, croire tout ce qu’il révèle.

Donc, être chrétien et être catholique, c’est une seule et même chose.

Donc, hors de l’Église catholique, il n’y a point de christianisme véritable, et comme le proclamait, il y a seize cents ans, saint Cyprien, évêque et martyr: « Nul ne peut avoir Dieu pour père, qui ne veut point avoir l’Église pour mère. »

Donc, un protestant qui connait la vraie Église, l’Église catholique romaine, gouvernée et enseignée par le Pape, est obligé, d’y rentrer, sous peine de perdre son âme. — En religion, plus qu’en toutes choses, il faut quitter l’erreur dès qu’on la connaît, et adhérer à la vérité.

Donc enfin, il n’est pas plus vrai de dire : « Je puis être catholique, ou protestant, ou schismatique, sans cesser d’être chrétien, » que de dire : « Je puis être Turc, païen, juif ou chrétien, sans cesser d’être dans la vraie religion (7). »

(1) Calvin voulut une fois, cependant, faire un miracle pour résoudre la difficulté. Malheureusement il prit mal ses mesures, ou plutôt Dieu les déjoua. — Il avait payé un homme pour faire le mort, afin de le ressusciter ensuite. Quand il arriva, suivi de ses amis, la justice de Dieu avait frappé son complice; il était réellement mort sur son lit.

(2) Ev. de S. Matthieu et de S. Marc, dernier chapitre.
(3) S. Matth., ch. xvi.
(4) C’est là ce qu’on appelle l’infaillibilité de l’Église; t’est l’infaillibilité de Jésus-Christ, de Dieu même, qui lui est communiquée.

(5) Depuis vingt-cinq ou trente ans les protestants honnêtes et religieux tendent singulièrement à se rapprocher de l’Église catholique. La religion qu’ils se font n’a presque de protestant que le nom. Ils nous imitent en une foule de choses : ils ont adopté notre genre de prédication, et leurs ministres n’ont plus guère l’habitude de déblatérer, comme jadis, contre l’Église ; beaucoup prennent le nom de catholiques ; plusieurs invoquent la Sainte-Vierge, croient à la messe, etc. C’est le bon sens et la vérité qui dominent peu à les préjugés d’enfance et de secte.

(6) Une observation remarquable, c’est que jamais on n’a vu un bon catholique, instruit de sa foi et sincère dans sa piété, se faire protestant pour devenir meilleur; tandis que les protestants qui se font catholiques sont ordinairement les plus pieux, les plus éclairés et les plus honorables, de l’aveu même de leurs coreligionnaires.

Souvent (et de nos jours plus souvent que jamais), des protestants se sont faits catholiques à l’article de la mort ; jamais un catholique ne s’est fait protestant à ce redoutable moment, où la vérité seule est devant l’âme pour la juger.

Cette observation suffirait seule pour décider la question qui nous occupe, et pour nous faire conclure la vérité de la seule Religion catholique.

(7) .Nous ne craignons pas d’insister un peu sur le protestantisme, à cause d’une sorte de recrudescence dans la propagande que font, en plusieurs pays, les ministres protestants. A Paris notamment, ils ont divisé toute la ville en sections, et ils se remuent beaucoup pour fonder des écoles et attirer à eux les enfants des classes ouvrières.

Il y a, en outre, une liaison intime entre les principes protestants et les doctrines révolutionnaires qui bouleversent la France. Le père de nos anarchistes, c’est Calvin. Et le père de Calvin, c’est le diable, « Vos ex patre diabolo estis. » — « Je ne me soumettrai pas. » — « Non serviam. » C’est leur devise à tous.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur – Chap. 19, ESR.

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