Mgr de Ségur répond aux objections contre la religion (18)

Mgr De SégurObjection : Jésus-Christ est-il autre chose qu’un grand philosophe qu’un grand bienfaiteur de l’humanité, qu’un grand prophète, est-il vraiment Dieu ?

Réponse : Entendez-le vous répondre lui-même : « Oui, vous l’avez dit ; je le suis. — Quoi! Depuis tant de temps que je suis avec vous, vous ne me connaissez point encore? CELUI QUI ME VOIT, voit MON PÈRE; MOI ET MON PÈRE, NOUS SOMMES UN SEUL ÊTRE ! ! ! (1) »

 

Il faudrait un livre entier pour traiter convenablement cette question. Nous venons d’y toucher déjà en prouvant la divinité de la Religion chrétienne. Cependant il nous faut insister davantage, et développer un point sur lequel repose toute notre foi.

Jésus-Christ est le héros de l’Évangile (2).

1° Et voyez tout d’abord les proportions gigantesques de cette figure comparée à tous les autres hommes, même aux plus grands ! Tous meurent tout à fait ; ils font du bruit pendant leur passage, ils remuent le monde… et après eux, qu’en reste-t-il ? Leur nom, loué ou bafoué d’abord, puis devenu indifférent, va s’ensevelir dans les livres. Ils ne vivent plus sur la terre.

Jésus-Christ seul vit encore, vit toujours, vit partout. Il est présent au monde. Aujourd’hui, comme il y a 1800 ans ; à Paris, à Londres, à Rome, à Saint-Pétersbourg, en Asie, en Amérique, partout, on l’aime et on le hait ; partout on le défend et on l’attaque, partout on l’accueille et on le repousse, comme aux jours de sa vie mortelle. Il est au fond de tous les grands mouvements qui ébranlent le monde ; il est la question capitale, le centre auquel aboutissent toutes les questions qui touchent au cœur l’humanité.

Il vit, il parle, il commande, il enseigne, il défend, il développe sa vie puissante dans le Christianisme, dont il est le principe, l’âme et le résumé. Le sort de l’un est le sort de l’autre; car le Christianisme, c’est la continuation de la vie de Jésus-Christ dans l’univers, à travers tous les siècles. . .

Donc Jésus-Christ est un fait universel, continu, actuel, agissant depuis dix-neuf siècles, écrit sur les générations humaines, sur tous les pays, sur tous les peuples, en caractères vivants. C’est une vie exceptionnelle qui pénètre le monde. Tout passe, tout meurt autour de lui ; lui seul, LUI SEUL vit et subsiste !. . .

Donc il y a en lui plus qu’un homme, et le grand Napoléon avait raison de dire : « Je me connais en hommes, et je vous dis, moi, que celui-là était plus qu’un homme. »

Et, chose étrange, propre à Jésus-Christ seul, cette vie qui remplit l’univers depuis son apparition sur la terre, a rempli avec la même puissance les siècles précédents, jusqu’au berceau du monde. Ce même Jésus, pour lequel ont vécu, vivent et vivront les générations chrétiennes, c’est pour lui qu’ont vécu les générations des antiques fidèles, des disciples de Moïse, des Prophètes, des Patriarches! C’est en lui qu’elles ont cru ; c’est en LUI qu’elles ont espéré ; c’est lui qu’elles ont attendu ; c’est LUI qu’elles ont aimé !
Le soleil, en son plein midi, inonde de ses rayons tout l’espace, et celui qu’il a parcouru déjà, et celui qu’il doit parcourir encore ; ainsi Jésus-Christ, centre de l’humanité, éclaire, vivifie tout, le passé, le présent, l’avenir. . .

3° Jésus-Christ, et Jésus-Christ seul, est le type de la perfection, le modèle sur lequel se calque le monde moral civilisé, le moule où l’humanité vient, en quelque sorte, se couler pour réformer ses vices. — La vertu, qu’est-ce autre chose que l’imitation de Jésus-Christ ?

Rien de commun entre lui et aucun type de perfection connu, soit juif, soit grec, soit romain. Il est lui, il est seul, il est unique ; il est au-dessus de tout.

Dans la perfection humaine, il y a toujours concurrence de vertu; on se surpasse l’un l’autre; on a des pendants. Jésus-Christ, et Jésus-Christ seul, fait exception. Il y a solution de continuité entre sa perfection et celle des autres hommes.

Quel nom mettre à côté du sien ? Qui oserait-on lui comparer ? Les Saints, qui sont les héros de la vertu sur la terre, ne sont que ses pâles copies.

Personne ne pense, personne n’a jamais pensé à l’égaler; car on sent qu’il ne s’agit plus ici d’un rival possible. Tout s’efface à sa lumière, comme toutes les lumières factices de la terre en la présence de celle du soleil. Aussi bien l’a-t-il dit lui-même: « Je suis la LUMIÈRE du monde. »

Et cette perfection surhumaine est un phénomène sans antécédents; elle n’est précédée par rien, préparée par rien. Elle arrive, comme sa doctrine, toute faite. Elle ne participe à aucune école philosophique ou théologique ; elle est sans aucune cause qui la produise ou l’explique, sinon la présence de la Perfection même, qui est Dieu. Elle éclaire tout, et n’est éclairée par rien, elle est le foyer même de la lumière.

Autre observation non moins frappante, et propre à Jésus seul : chez lui, cette perfection vraiment divine, qui semble si fort élevée au-dessus de l’humanité, si inaccessible à notre faiblesse, est cependant la plus pratique, la plus imitable, la plus féconde, la seule féconde en imitateurs et en disciples. Elle se propose à tous les hommes, à l’enfant comme au vieillard, à l’ignorant comme au savant, au pauvre comme au riche, à celui qui commence comme à celui qui achève.

Elle semble faite pour chacun en particulier. Elle s’adapte à tout et réforme tout; elle est la perfection pour tous!

Qui ne voit là le cachet de la divinité ? L’homme peut-il rien de tout cela ?

Enfin, dernier caractère de la perfection de Jésus-Christ, surhumain comme tous les autres, et, comme tous les autres, propre à lui seul : sa perfection n’a AUCUN EXCÈS.

Toujours l’homme a l’excès de ses qualités. Se sentant faible, il préfère, de crainte de faillir, excéder en bien.

Saint Vincent de Paul était humble, mais il semble excéder dans la basse estime de lui-même; saint Charles était austère, mais son austérité nous semble effrayante; saint François pauvre, semble excéder dans son dénuement, etc. ; la faiblesse humaine perce jusque dans l’héroïsme de leur vertu. — En Jésus- Christ, le bien est parfaitement vrai ; rien n’est outré; la perfection de la nature divine se manifeste et se fond avec les émotions vraies et bonnes de la nature humaine. Tout l’homme paraît en lui. Le Dieu et l’homme sont entiers.

Et à cause de cela, ce modèle si parfait n’est pas désespérant; il est, au contraire, suave, doux et aimable. C’est la vérité d’une vertu parfaite et possible, proposée à des hommes par un Dieu-homme, aussi vraiment homme qu’il est vraiment Dieu.

Quelle merveille unique ! Quel prodige que Jésus-Christ !… Oui ne s’écrira : « Le doigt de Dieu est ici? »

3° Et sa doctrine ! Et cette parole, qui, depuis dix-huit siècles qu’elle est méditée, discutée, attaquée, disséquée par toutes les sciences, par toutes les haines, par les plus immenses génies, appliquée aux sociétés, aux peuples, aux individus, n’a jamais pu être convaincue d’erreur ! — Toujours elle demeure, « la lumière du monde ; » et chaque tentative vérifie ce que le Maître a prédit : « Le ciel et la terre passeront; MAIS MA PAROLE NE PASSERA POINT. »

Là où elle retentit, pénètrent la civilisation, la vie intellectuelle et morale, le progrès, les lumières, . . ; là où elle ne règne point, et à proportion qu’elle règne moins, la dégradation, l’inertie, la barbarie, la mort.

C’est elle, c’est la parole de Jésus-Christ qui a fondé notre société moderne ; c’est elle qui est devenue le guide, le flambeau conducteur de la raison humaine et de la philosophie ; et, bon gré, malgré, c’est avec ce que Jésus-Christ leur a donné que les chrétiens incrédules raisonnent contre lui.

« Jamais homme, disaient les Juifs, n’a parlé comme cet homme ! »

Ouvrez, en effet, l’Évangile… Quelle puissance inouïe ! Quelle autorité ! Quel calme ! Quelle naïveté Céleste !… Jésus enseigne ce qu’il voit, ce qu’il sait. Il ne discute pas ; il ne cherche point à prouver, à convaincre ; sa parole lui suffit ; il est sûr, il affirme. Dieu seul fait homme et parlant aux hommes est capable d’un tel langage.

Bien plus, la parole de Jésus-Christ se prouve elle-même ; car il affirme sans cesse sa divinité.

Il se dit Dieu, le Fils de Dieu (3), le Christ, la Vérité, la Vie, le Sauveur, le Messie.

« Si tu es le Christ, lui disaient les Juifs, dis-le-nous.
— Je vous parle, leur répond-il, et vous ne me croyez pas. Les miracles que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. MOI ET MON PÈRE, NOUS SOMMES UN SEUL ÊTRE. » Ils veulent le lapider, au lieu de croire à cette parole. « Pourquoi, leur dit Jésus, voulez-vous me lapider ?
—C’est à cause de ton blasphème, et parce que, étant un homme, tu te fais dieu. »

La Samaritaine lui parle du Christ Rédempteur qui doit sauver les hommes et leur enseigner toute vérité : «C’est moi qui le suis, lui dit-il, moi qui parle avec toi. »

Une autre fois, il enseigne la foule rassemblée autour de lui : « En vérité, en vérité, je vous le dis, de même que le Père ressuscite les morts, de même le Fils rend la vie à qui il veut…, afin que tous rendent au Fils un honneur égal à celui qui est dû au Père. Qui n’honore point le Fils, n’honore point Le Père. »

Il instruit un savant juif venu pour le consulter : « Personne, lui dit-il, ne monte au ciel si ce n’est CELUI QUI EST DESCENDU DU CIEL, LE FILS DE L’HOMME QUI EST DANS LE CIEL. »

Le Père et le Saint-Esprit. Aussi, quand Jésus déclare à Caïphe qu’il est le Fils de Dieu,  le grand prêtre et les pharisiens crient-ils au blasphème, et le condamnent-ils à mort comme blasphémateur, comme s’étant fait Dieu.

 « Dieu a tellement aimé le monde, qu’il lui a donne SON FILS UNIQUE, afin que quiconque croit en lui, ne meure point, mais possède la vie éternelle… Dieu a envoyé SON Fils dans le monde, pour que le monde soit sauvé par lui.

 « Celui qui croit en lui ne sera point condamné ; mais celui qui ne croit pas est jugé d’avance, parce qu’il ne croit pas au Fils unique de Dieu. »

 Il vient de guérir l’aveugle-né; celui-ci, chassé de la synagogue par les pharisiens parce qu’il disait que son bienfaiteur était au moins un prophète, le retrouve et se jette à ses pieds. « Crois-tu au Fils de Dieu ?» lui demande Jésus. — « Et qui est-ce, Seigneur, afin que je croie en lui ? — Tu le vois ; et celui qui te parle , c’est lui-même. » Et ce pauvre homme : « Je crois, Seigneur ! » Et se prosternant, il l’adore.

 Est-ce assez ! Voulez- vous l’entendre encore ?

 « Abraham votre père, dit-il aux Juifs, s’est réjoui en m’entrevoyant d’avance. — Comment ! lui réplique-t-on, vous n’avez pas seulement cinquante ans, et vous avez vu Abraham (4) !  — Avant ou’ Abraham ne fut, je suis. »

A la sœur de Lazare, qui vient lui demander de ressusciter son frère : « Je suis, dit-il, la résurrection ET LA vie. Celui qui croit en moi vivra, même après la mort. Et quiconque vit en moi et croit en moi ne mourra-point éternellement. Le crois-tu ? — Oui, Seigneur, répond la fidèle Marthe ; JE CROIS QUE VOUS ÊTES LE CHRIST, LE FILS DU DIEU VIVANT, QUI ÊTES VENU EN CE MONDE. »

Et quelques instants après, arrivé devant le cadavre déjà fétide de Lazare, il ajoute ces divines paroles : « Mon Père, je vous bénis de ce que vous m’entendez. Pour moi, je sais bien que vous m’écoutez toujours. Mais c’est à cause de ce peuple qui m’entoure que je parle ainsi, afin qu’il croie que c’est vous qui m’avez envoyé. »

Et s’écriant à haute voix: « Lazare, viens dehors ! » Et le mort se leva, ayant encore la face, les mains et les pieds liés des bandelettes funéraires. . .

 Il faudrait citer tout l’Évangile. Lisez surtout son ineffable discours avant la Cène (en saint Jean, ch. XIII et suiv. ) : « Je suis, dit-il, la voie, la vérité et la vie. Personne n’arrive au Père que par moi. Si vous me connaissez, vous connaissez mon Père; CELUI QUI ME VOIT, VOIT MON PÈRE.

 Tout ce que vous me demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Aimez-moi. Si quelqu’un m’aime, il gardera mes commandements ; et mon Père l’aimera, et NOUS viendrons à lui, et NOUS demeurerons en lui. »

 Jusque sur sa croix, Jésus-Christ s’affirme Dieu et parle en Dieu. Le bon larron, crucifié à ses côtés, s’écrie, éclairé par la foi : « Seigneur, souvenez-Vous de moi dans votre royaume. — Aujourd’hui, lui répond Jésus, tu seras avec moi dans le paradis. »

 Enfin, — car il faut se borner, — l’incrédule Thomas le voit, le touche après sa résurrection ; vaincu par l’évidence, il tombe à ses pieds et s’écrie : o Mon Seigneur et mon Dieu! » Loin de le reprendre, Jésus l’approuve : « Parce que tu as vu, Thomas, lui dit-il, tu as cru. Heureux ceux qui sans avoir vu, ont cru ! »

 Voyez quel langage! Quelle conduite! Quelle toute-puissance ! Comme il se fait appeler Dieu ! Comme il en a le ton et l’accent ! Comme il revendique les droits de la divinité, la foi, l’adoration, la prière, l’amour, le sacrifice!…

 Or, ici le raisonnement est bien simple : Ou Jésus dit vrai, ou il ne dit pas vrai. Il n’y a pas de milieu.

 1° S’il dit vrai, il est ce qu’il dit être, il est Dieu. Il est le Fils éternel du Dieu vivant, béni aux siècles des siècles, et toutes ses paroles, ses actions, ses miracles, son triomphe s’expliquent facilement. Rien n’est impossible à un Dieu.

2° S’il ne dit pas vrai, il est (blasphème que j’ose à peine écrire, quoique ce soit pour le confondre), il est ou un fou ou un imposteur.

Oui, un fou, s’il n’a pas conscience de ses paroles et de sa conduite ; — un détestable imposteur, s’il ment avec connaissance de cause.

Oserez-vous jamais le dire ? Jésus-Christ , le sage par excellence, un fou ! ! ! — Jésus-Christ, le plus vertueux, le plus saint des hommes, un menteur, un imposteur sacrilège ! ! !

Il faudrait avoir perdu la raison et le sens moral pour proférer une pareille folie !

DONC IL EST DIEU.

Jésus-Christ est devant la raison humaine comme il fut devant Caïphe, au jour de sa Passion. « Je t’adjure, lui disait le grand prêtre, au nom du Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. — OUI, répond Jésus, TU L’AS DIT; JE LE SUIS. »

Il faut croire ou ne pas croire à cette affirmation ; il n’y a pas de milieu.

Il faut admettre Jésus-Christ tout entier, ou le rejeter tout entier. « Quiconque n’est pas pour lui, est contre lui ; » quiconque ne l’adore pas, ne peut sans inconséquence, sans folie, le louer, l’admirer, le vanter comme un sage, comme un grand homme, comme un saint.

 « Mais peut-être, pensera quelqu’un, ne se disait-il Dieu que pour faire admettre plus facilement sa doctrine? »

La difficulté demeure tout entière; car nulle intention ne pourrait jamais excuser une si immense, une si constante imposture, et il n’en faudrait pas moins conclure que toute la vie de Jésus-Christ, ayant été l’affirmation de sa divinité, a été un tissu ou de folies ou de blasphèmes.

 Mais, outre cette raison, cette supposition est absolument inadmissible. En effet :

 1° Une pareille fiction aurait détruit toute son œuvre, anéanti toute sa doctrine. — Jésus-Christ n’a qu’un but : détruire l’idolâtrie, rétablir partout le règne de la vérité ; par la vérité ramener la vertu et la sainteté sur la terre ; rendre à Dieu ce qui est à Dieu seul, le cœur de l’homme, sa foi, son dévouement, son amour. Avec cette pensée, pouvait-il, sans être vraiment Dieu, en prendre le titre et en revendiquer les droits, sans ruiner par la base tout son dessein ?

 2° Ce prétendu moyen destiné à appuyer sa doctrine en eût été le plus redoutable ennemi.

 Impossible, humainement parlant, dans la prédication de Jésus-Christ et de ses apôtres, était principalement de faire admettre par les peuples la divinité de ce Jésus pauvre, humilié, homme de douleurs, mort sur une croix. N’est-ce pas ce qui révolte le plus la raison dans l’enseignement chrétien ? N’est-ce pas là précisément la pierre de scandale pour l’incrédule? Et c’est ce moyen que Jésus-Christ aurait choisi pour faire recevoir sa religion ? Mais c’eût été le comble de la folie ! Quel singulier appât que celui qui effraye cent fois plus que l’hameçon lui-même !

 La divinité de Jésus-Christ une fois admise, je conçois qu’elle devient un puissant moyen de faire croire à sa doctrine. Mais cette hypothèse elle-même, qui l’aurait fait admettre ? et comment, sans une manifestation évidente et irrésistible de la toute-puissance divine, Jésus-Christ aurait-il pu être regardé comme un Dieu?

 Non, non ; je le répète; devant le caractère surhumain de Jésus-Christ, devant ses paroles, devant ses affirmations, devant ses actions, devant son œuvre qui est le Christianisme, il n’y a, pour un homme raisonnable et sincère, qu’un parti à prendre : c’est de tomber à ses genoux, d’adorer l’amour infini d’un Dieu qui a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, et de s’écrier avec saint Thomas devenu fidèle : « Mon Seigneur et MON DIEU ! — Dominus meus ET DEUS MEUS ! »

(1) Saint Matth., ch. 26, v. 63, 64. — Saint Marc, ch. 14, v. 61, 62.

— Saint Luc, ch, 22, v. 70. — Saint Jean, ch. 14, v. 10.

(2) L’Évangile est l’histoire de Jésus-Christ, écrite par des témoins oculaires devant des témoins oculaires aussi, les Juifs et les premiers Chrétiens; racontée par les plus saints des hommes, les Apôtres, qui se sont fait tuer pour attester la vérité de leur parole…

La seule lecture de l’Évangile est la meilleure preuve de sa vérité. L’incrédule Rousseau l’avouait lui-même : «Ce n’est point ainsi qu’on invente, disait-il, et l’inventeur d’un pareil livre en serait plus étonnant que le héros. »

(3) Par Fils de Dieu, ni Jésus-Christ, ni les Juifs à qui il parlait, n’entendaient dire un homme juste, enfant de Dieu, ami de Dieu. Lui et eux entendaient par là le Verbe divin, la seconde personne de la sainte Trinité, le Fils Éternel et Unique de Dieu, Dieu comme le Père et le Saint-Esprit. Aussi quand Jésus déclare à Caïphe qu’il est le fils de Dieu, le grand prêtre crient-ils au blasphème, et le condamnent-ils à mort comme blasphémateur, comme s’étant fait Dieu.

(4) Abraham vivait vingt siècles avant Jésus-Christ.

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur – Chap. 18, ESR.

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