Mgr de Ségur répond aux arguments contre la Religion (12)

Mgr De SégurObjection : Les Prêtres sont des fainéants : à quoi servent-ils ?

Réponse : A sauver les âmes! Certes, voilà un emploi qui en vaut un autre!

L’ouvrier travaille la matière; le Prêtre, lui, travaille l’âme. Autant l’âme est au-dessus de la matière, autant l’œuvre du Prêtre est au-dessus de tous les travaux de la terre.

Le Prêtre continue le grand travail du salut du monde. Jésus-Christ, son Dieu et son modèle, l’a commencé ; ses Prêtres continuent son œuvre à travers les siècles.

A son exemple, le Prêtre passe en faisant le bien. Il est l’homme de tous ; son cœur, son temps, sa santé, ses soins, sa bourse, sa vie, appartiennent à tous, surtout aux petits, aux enfants, aux pauvres, aux abandonnés, à ceux qui pleurent et qui n’ont pas d’ami.

Il n’attend rien en échange de ce dévouement ; le plus souvent il ne reçoit que des insultes, des calomnies abominables et des traitements pénibles. Véritable disciple de son divin Maître, il n’y répond qu’en continuant à faire du bien. Quelle vie ! Quelle abnégation surhumaine !

Dans les calamités publiques, dans les guerres civiles, dans les maladies contagieuses, dans les choléras, quand les ministres protestants et les philanthropes se sauvent, on le voit exposer sa santé et sa vie pour soulager et sauver ses frères : tel Monseigneur Affre, sur les barricades de Paris ; tels Mgr de Belzunce et saint Charles Borromée, dans les pestes de Marseille et de Milan; tel, dans le choléra en 1832 et en 1849, tout le clergé de Paris et de tant d’autres villes, qui s’était fait comme le serviteur public de tout le peuple.

Voilà à quoi servent les Prêtres ! Je voudrais bien savoir si ceux qui les attaquent servent à quelque chose de meilleur.

Les ingrats ! Ils ne se lassent point d’abreuver d’amertumes celui qu’ils appellent auprès de leur chevet dans de mauvais jours, celui qui a béni leur enfance, et qui ne cesse de prier pour eux !

Tous les malheurs de notre pays viennent de ce qu’on ne pratique pas ce qu’enseigne le Prêtre. Et notre pauvre France, déchirée par les discordes civiles, par les bouleversements politiques, peut s’appliquer la parole qu’adressait à l’aumônier d’une des prisons de Paris un pauvre condamné à mort, revenu à Dieu de tout son cœur. Le Prêtre lui avait donné un petit Manuel du Chrétien: « Ah ! mon père, lui dit-il un jour en lui montrant ce livre, si j’avais connu ce qui est là-dedans, et si je l’avais pratiqué toute ma vie, je n’aurais point fait ce que j’ai fait, et je ne serais pas où je suis! »

Si la France avait connu, si elle connaissait ce qu’enseigne le Prêtre, si elle avait fait, si elle faisait ce qu’il dit de faire, elle n’aurait pas été bouleversée par trois ou quatre révolutions en cinquante ans, et elle n’en serait pas à se demander aujourd’hui, dans son épuisement : Vais-je périr? Puis-je encore être sauvée?

Oui, elle peut l’être, si elle veut redevenir catholique ! Oui, elle peut l’être, si elle veut écouter les ministres de celui qui sauve le monde !

Les Prêtres sont le salut de la France ! Sans la Religion, la société est perdue.

Plus que jamais on doit honneur, vénération, reconnaissance au Prêtre. Tout homme qui le repousse n’a pas l’intelligence de notre siècle ni de noire patrie.

Loin de nous donc tous nos vieux préjugés ! Loin de nous ces grossiers et injurieux sobriquets dont l’aveugle impiété du voltairianisme avait flétri le Sacerdoce catholique !

Respectons nos Prêtres. Si nous voyons en eux des imperfections, des vices même, souvenons-nous qu’il faut faire à l’homme la part de sa faiblesse.

Tachons alors de ne pas regarder l’homme et de ne voir que le prêtre: en tant que prêtre, il est toujours respectable, et son ministère est toujours saint ; car il est le continuateur de Jésus-Christ, souverain Prêtre, à travers les siècles, et c’est de lui que le Sauveur a dit : « Qui vous écoute, m’écoute; et qui vous méprise me méprise. »

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur – Chap. 12, ESR.

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