Mgr de Ségur répond aux arguments contre la Religion (11)

Mgr De SégurObjection : Les Curés font un métier, ils ne croient pas à ce qu’ils prêchent !

Réponse : Qu’osez-vous dire? — Les Prêtres de Jésus-Christ, des imposteurs ! Eh ! Qu’en savez-vous ? Comment pouvez-vous lire au fond de leur cœur, s’ils croient ou s’ils ne croient pas à leur sacerdoce ? C’est à l’accusateur à prouver ce qu’il avance ; prouvez celte accusation ; je vous en défie.

Me jetterez-vous, en guise de preuve, le nom de quelque mauvais Prêtre? Mais ne voyez-vous pas que l’exception prouve la règle ? On ne remarquerait pas un mauvais Prêtre si l’immense majorité n’était pas sainte, pure et vénérable.

Une tache d’encre paraît vivement sur une robe blanche ; on la verrait à peine si la robe était noire ou souillée.

Ainsi en est-il du Sacerdoce catholique, à qui l’impiété rend ici un hommage involontaire.

Qu’il y ait de mauvais Prêtres, ce n’est pas chose étrange. Souvenez-vous qu’il y eut un Judas parmi les Apôtres ! — De même que les Apôtres, premiers Prêtres, premiers Évêques de l’Église, rejetèrent l’apôtre infidèle et ne furent point responsables de son crime, ainsi l’Église condamne-t-elle avec encore plus d’énergie, plus d’horreur que vous ne le faites vous-mêmes, les Prêtres coupables, déserteurs de leurs sublimes devoirs ! Elle tâche de les ramener d’abord par la douceur et par le pardon; le Prêtre, comme les autres hommes, a droit à la miséricorde ; mais s’ils ne se corrigent pas, s’ils persévèrent dans leur mauvaise voie, elle les retranche de son sein et les frappe de ses anathèmes.

Les Prêtres, des imposteurs ! — Et quel intérêt ont-ils à vous confesser, à vous reprendre de vos vices, à vous prêcher, à catéchiser vos enfants, à nourrir les pauvres, à donner à celui-ci un conseil, à cet autre une consolation, à cet autre du pain ?

Retrancherait-on un centime de leur mince traitement et de leur casuel plus mince encore, s’ils se taisaient sur les désordres de leurs paroisses, s’ils admettaient tout le monde aux Sacrements sans se donner la peine d’examiner les consciences, s’ils abrégeaient leurs catéchismes de moitié, etc. ? Quel intérêt ont-ils donc à bien remplir leur ministère ?

Non, non; le Prêtre n’est point ce que les impies voudraient qu’il fût; et c’est parce qu’ils le savent bien, qu’ils détestent le Prêtre. Ils voient en lui le Représentant du Dieu qui condamne leurs vices, l’Envoyé de Jésus-Christ qu’ils blasphèment et qui les jugera. Ils voient en lui une personnification de cette loi de Dieu qu’ils violent sans cesse ; et c’est parce qu’ils ne veulent pas du maître qu’ils ne veulent pas de son Ministre !

Source : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion – Mgr de Ségur – Chap. 11, ESR.

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