Nous avions été prévenus…

Voici ce que nous écrit le Bienheureux Abbé LEFRANC dans la fin de son ouvrage «la conjuration contre la religion catholique, et les souverains.» de 1792. Il faut bien avouer que les déductions faites ici reflètent avec vérité l’état de la Nation Française, devenue subjective, libérale, apostate, en un mot : impie.
messe

Page 353-358, chapitre IX intitulé «Que doivent se promettre les états qui protègent les sectaires et les philosophes modernes» :

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Le tableau que nous offre la France, sera nécessairement celui de tous les royaumes qui favoriseront les nouvelles doctrines. L’autorité y tombera dans l’avilissement, la majesté du trône y sera foulée aux pieds, le crime y sera impuni, les propriétés envahies, la force politique sans exercice, l’innocence opprimée, la justice sans vigueur, tous les vices en honneur ; les lois ne seront publiées, que pour faire la terreur de ceux qui les respecteront. L’intrigue, l’orgueil, l’intérêt, ouvriront le chemin aux premières places de l’état, on s’y soutiendra par le crime et l’injustice, on abusera de l’autorité dont on aura été revêtu, pour faire le malheur de tous ceux qui y auront recours. On s’attribuera les fonds publics, on les dissipera pour soudoyer des factions, on déclamera contre des vices anciens, pour détourner les yeux de dessus les forfaits inouïs dont on se sera souillé ; on s’environnera de tous les hommes, usés dans la crapule et la débauche, de tous les brigands accoutumés aux grands crimes, et pour lesquels il n’y a rien de sacré ; on aura l’air de poursuivre avec une sévérité outrée, des fautes légères contre l’ordre public, et on ne voudra pas seulement examiner les crimes qui saperont les fondements de l’état. On éloignera le crédit, la fortune publique, les meilleurs citoyens, les plus habiles artistes ; on privera l’état de toutes ses ressources, et on dira qu’il est régénéré, que la liberté y règne, que chacun y vit heureux. Les principes de morale seront combattus, la religion véritable y sera proscrite pour faire place à l’erreur et à toutes les hérésies ; les mœurs y seront corrompues, le vice y jouira des honneurs dus à la vertu, et on dira que la vérité aura été ramenée sur la terre ; que le flambeau de la philosophie aura éclairé les hommes ; et que les philosophes doivent être honorés comme des Dieux, pour tous les biens dont ils auront enrichi le genre humain. Les temples dédiés à la divinité, changeront de destination, et seront consacrés à la philosophie pour servir de panthéon, [panthéon] dans lequel les théosophes recevront les hommages que la patrie reconnaissante leur aura décernés. On exigera des serments, on poursuivra impitoyablement ceux qui auront la délicatesse de ne pas vouloir les prêter, et on fera soi-même un jeu de les enfreindre, ou de les mépriser. On élèvera fort haut les noms de probité et de vertu, et on n’aura ni bonne foi ni justice. On promettra tout, et on ne tiendra rien ; on se fera un devoir d’écraser les âmes vertueuses, et de favoriser, d’honorer même les cœurs flétris par l’habitude du crime, dont l’existence est un fardeau pour un état, et un objet d’exécration pour les citoyens attachés au bonheur de leur patrie. On affectera de détruire tout ce qui aura appartenu à l’ancien régime, pour mettre à la place, des institutions nouvelles, infiniment plus couteuses à l’état ; on dira que l’on ne veut régner que par les lois, et on les enfreindra ouvertement, ou on permettra qu’on les viole pour opprimer ceux dont la vertu est un reproche qui confond les impies. On tiendra les discours les plus capables de faire illusion au peuple et d’enchainer sa force, et on agira en secret, de manière à le faire succomber sous l’oppression et le vice ; car de quoi n’est-il pas capable lorsqu’il n’a plus de barrières qui l’arrêtent ?
Dans tous les temps on a vu des hommes qui se disaient magiciens, devins, alchimistes, et qui profitaient de la faiblesse et de l’ignorance des peuples pour les voler, les tromper et en faire des dupes ; mais ou a-t-on vu une nation entière dominée par des illuminés, des visionnaires, des mystiques, des jongleurs, des escrocs, des brigands, aveuglée par ces êtres malfaisants qui l’enivrent de leurs poisons, qui la dépouillent de ses richesses, qui la rendent le jouet de ses voisins, qui lui font croire que l’esclavage est la liberté, et celle-ci l’esclavage, qui lui mettent en main des armes pour combattre contre Dieu, qui lui font renverser ses temples et ses autels, qui lui persuadent d’éloigner de son sein, ceux qui par état prient pour sa prospérité, qui troublent la paix des familles et soulèvent les époux contre les épouses, les pères et les mères contre leurs enfants, et ceux-ci contre le sein qui les a nourris, et contre la maison qui leur a servi de berceau ?
Ou a-t-on jamais vu une épidémie des esprits attaquer tous les nombres d’une grande société, paralyser toutes les langues, étouffer toutes les voix, faire tomber dans le délire toutes les têtes, attiédir tous les cœurs, énerver tous les courages ? Ou a-t-on vu une maladie si dangereuse, faire des ravages si étendus, que depuis le roi jusqu’au berger, il n’y ait pas un seul être qui ne fasse entendre des plaintes amères et des gémissements profonds ?
Ô France ! Toi qui tenais le premier rang parmi les royaumes de l’Europe ; toi dont on empruntait les mœurs, le langage, le bon goût ; toi qui étais le séjour des beaux-arts et des sciences ; toi dont le gouvernement était l’image de celui des patriarches ; toi dont la gloire était connue jusqu’aux régions les plus éloignées de l’univers ; toi qui régnais dans l’abondance et la félicité ; tous les peuples de la terre étaient tributaires, et tu t’enrichissais par ton commerce et par tes échanges ; tu avais obtenu la liberté des mers ; ton pavillon y était respecté ; ton alliance était recherchée par les peuples les plus puissants ; tu pouvais jouir en paix des fruits de la victoire et des triomphes que tu avais remportés ; comment es-tu tombée en un jour du fait de ta grandeur et de la gloire dans l’esclavage et l’avilissement ! Comment as-tu souffert que des fanatiques obscurs vinssent dépouiller ta Noblesse de tes titres, les prêtres du Très-Haut, de leurs propriétés sacrées, le peuple de son commerce et de la paix dont il jouissait ! Avant que tu tombes dans l’abîme ou une chute rapide va te précipiter, France ! Réveilles-toi de ton assoupissement léthargique ; rappelles-toi ce que tu as été, et cesses enfin de te laisser dominer par des factieux et des sectaires qui n’auraient jamais dû obtenir ta confiance, et qui ont trop abusé de l’ascendant que tu leur as laissé prendre.
Il semble que l’apôtre Saint Pierre a prédit leurs pièges et leur séduction, lorsqu’il a dit (II Ep. 2. 1 et suiv) « Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, comme il y aura parmi vous des maîtres de mensonge, qui introduiront des sectes perverses, qui nieront Jésus-Christ qui les a rachetés, et attireront sur eux une prompte ruine. Plusieurs suivront leurs luxures, et approuveront les blasphèmes qu’ils vomiront contre la voie de la vérité ; ils vous tromperont par de fausses paroles et obtiendront votre consentement, à prix d’argent ; mais le jugement du seigneur, n’est pas suspendu, et il n’est pas endormi sur leur perte.

(…)

Page 368-fin :

Tout ce que les Mesmer, les swedemborg, les Saint-Martin, les Saint Germain, les Schroepffer, les Caligostro, les Lavater ect, promettent, c’est de prolonger la vie naturelle, de donner de l’or et de l’argent, d’apprendre des secrets de magie, de nécromancie, de révéler la science de la nature, de vous mettre en rapport avec l’air, le fluide électrique, magnétique, animal ; enfin avec les astres et les planètes, et de vous donner des convulsions, des spasmes, des visions ; mais quand tous ces docteurs du mensonge, donneraient tout ce qu’ils promettent, pourrait-on de bonne foi le comparer avec les biens de la religion chrétienne ; je ne dis pas seulement dans l’ordre civil, naturel et social, mais dans l’état privé, dans l’intérieur des familles, dans le secret de son cœur ?
Je n’ignore pas pourquoi les philosophes ont jeté une si grande défaveur sur les livres saints, sur les vertus qu’ils enseignent, sur les biens qu’ils promettent.
Si ces livres sacrés étaient lus par les chrétiens, dans les dispositions avec le respect que l’on doit apporter dans la lecture des vérités divines, pourraient-on ne pas concevoir le plus grand mépris, l’indignation la plus forte, contre toutes les productions de la philosophie moderne, qui corrompt toutes les mœurs, qui dissout toutes les autorités, qui rompt tous les liens, qui combat toutes les vérités divines et naturelles, qui dénature toutes les vertus, qui détruit toute moralité, qui ouvre la porte à tous les vices, qui sanctifie tous les crimes, qui permet tous les brigandages, qui désole la surface de la terre, et plonge dans les larmes et les gémissements, les âmes honnêtes et les cœurs vertueux ? Quel contraste entre les livres philosophiques, révoltants par les blasphèmes, les impiétés et les principes affreux qu’ils renferment ; et les livres divins qui ne respirent partout que l’amour de Dieu et l’amour du prochain ; qui parlent des choses divines, de manière à nous les faire aimer, désirer ; de manière à faire naître dans notre cœur, le sentiment le plus vif de reconnaissance et d’amour, pour celui qui nous a révélé, qui nous promet la jouissance, qui nous enseigne à nous rendre dignes.
Ces livres sont vraiment faits pour l’homme, et sont les seuls capables de lui donner des instructions morales, familières, sublimes, éloquentes, persuasives. Ce sont les seuls livres, dans la lecture desquels nous puissions nous consoler, nous instruire et nous réformer. Ils nous apprendrons à faire un bon usage des maux qui nous affligent, ils nous en montreront la cause et le remède : ils nous représenteront que c’est à l’école de la sagesse divine, que l’on reçoit des leçons de la vraie philosophie, que l’on apprend des vérités utiles, les seules capables d’éclairer l’homme et de le rendre heureux. En nous instruisant, ils nous rappelèrent les principes de douceur, de générosité, qui paraissent si méconnus parmi nous ; mais dont la pratique, peut seule nous rendre la paix, la tranquillité, qui se sont éloignés de nous depuis si longtemps.
C’est à l’aide de ces saints livres, que la vraie religion peut se rétablir, que la crainte de Dieu peut opérer un changement salutaire dans les cœurs, que la pratique des vertus chrétiennes peut être mise en honneur, que le vice peut exciter l’horreur et l’indignation, que les gens de bien peuvent être regardés comme les anges de la terre, les impies comme les fléaux qui la désolent.
Qu’il est à craindre que les maux qui font déserter la France, ne soient jamais réparés, si ses habitants refusent de reconnaitre que la main invisible qui les frappe, ne les a affligé, appauvris, que pour les punir d’avoir abandonné le Seigneur, d’avoir abjuré sa religion, renoncé à son culte, méprisé ses préceptes pour se repaître des fausses espérances dont l’impiété des philosophes les enivre, et s’attacher à des charlatans et des empiriques, à des visionnaires et à des illuminés que l’enfer semble avoir suscité pour faire la guerre à Dieu, lui enlever l’empire qui lui appartient sur toutes les créatures, et faire cesser les hommages que l’on rendait en tous lieux à son saint nom. Réfléchissez-y Français, bientôt vous n’aurez plus de Dieu, de roi, de religion, de patrie, de morale, de vertus, de fortune, de ressources ; si vous continuez à ajouter foi à ceux qui vous trompent, qui sont les artisans de vos malheurs, qui ne seront satisfaits que lorsque la corruption et le désordre de vos familles, ne vous laisseront d’autres ressources à vos maux, que le désespoir de ne pouvoir y remédier.

FIN.

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