Le Père Henri Ramière : « Ne l’oublions pas… »

Ne l’oublions pas, en effet : la vérité qui réclame l’hommage de notre foi n’est pas une froide abstraction ; c’est la parole vivante de Jésus-Christ. Le nier, c’est infliger à ce divin sauveur un criminel démenti ; la révoquer en doute, c’est mettre en suspicion sa véracité. Nous ressentirions vivement un pareil outrage, s’il nous était adressé : y serions-nous moins sensibles, quant il s’adresse Notre Roi et à Notre Dieu ?

Et quand nous nous trouvons en présence d’un de ces antéchrists, dont nous parlait naguère Saint Jean, qui mettent tout leur esprit à rendre plus persuasif et partant plus nuisible ce démenti à la parole de Notre Divin Maître, est-ce que l’indignation dans notre cœur par le cynisme des uns et par l’hypocrisie de autres ne l’emportera pas sur le plaisir que causerait peut-être à notre esprit le charme du style le plus enchanteur ?

Fuyons la fascination de ces sirènes, si nous ne voulons pas être arrêtés dans notre courses vers l’éternelle Patrie ! Rappelons-nous l’avertissement que l’Apôtre emprunte à un sage païen : « les discours mauvais corrompent les plus belles vertus. » (Cor., XV, 33.)

Ne craignons pas qu’on nous accuse d’être exagérés dans notre piété et trop absolus dans nos principes : de pareils blâmes sont aujourd’hui le plus beau des éloges. En présence des trahisons criminelles et des lâches défections dont un maître comme Jésus-Christ est la victime, l’exagération dans la loyauté devient un devoir pour ses fidèles serviteurs ; et les principes absolus sont l’unique salut d’une société qui s’écroule, parce qu’elle n’est bâtie que sur le sable mouvant des opinions.

Source : Le Règne social du Cœur de Jésus par le Père Henri Ramière – Chap « Point de pacte avec l’erreur », p. 126 – ESR – 1892.

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